Quand les chiens révèlent la problématique de l’accès aux données publiques

jack

Fin janvier, j’ai rédigé un sujet « chiens » pour lavenir.net avec une déclinaison en print. Rangez-moi vite ce petit sourire qui vient de naître sur votre visage car je me suis inspiré de mes très estimés confrères du Temps.ch. Fin décembre, ils avaient mis en ligne une « petite » présentation des noms de chiens les plus attribués.

Du coup, je me suis demandé si une « banque de données » sur les chiens existait en Belgique. Je coupe immédiatement court à ce terrible suspens : oui, elle existe. Mais le seul gros problème, c’est qu’elle est encore mieux gardée que la réserve de la Banque d’Angleterre. Oui, là, vous pouvez vraiment rigoler : les noms et races de chiens en Belgique sont jalousement gardés.

Avant de vous raconter ma péripétie qui tenu mes collègues en haleine pendant quelques semaines (oui oui), une petite mise en contexte s’impose : en Belgique, c’est une obligation légale d’enregistrer et de faire pucer son chien. Ces données sont gérées par DogID.

Trois semaines d’attente

 

Fin 2014, lorsque je contacte cette institution (qui, sur son site web, ne précise pas clairement de qui est composé son staff ni qui la dirige), on me renvoie vers le ministère wallon du « Bien-être animal » car cette matière vient d’être régionalisée (la Belgique est un petit état fédéral en évolution, des compétences sont régulières soustraites au niveau fédéral pour être confiées à d’autres entités).

bichonJe suis les conseils de l’opérateur (call center?) de DogID et je laisse un message à l’adresse mail indiquée. Après une semaine de silence, je passe à la vitesse supérieure en contactant l’attachée de presse du ministre. Je l’avoue, je suis un peu gêné de l’ennuyer avec ça, tout en me disant qu’alors l’accès à la banque de données n’est qu’une question d’heures, voire de jours.

Mais les jours deviennent vite une semaine et toujours aucun mail de DogID. Je relance alors l’attachée de presse, nettement moins géné. D’abord étonnée, celle-ci laisse poindre un petit peu d’agacement… à l’encontre de DogID. Mais promis, cette fois, les données sont à ma portée.

Sauf que quelques jours plus tard, l’attachée de presse (qui fait son possible, je le souligne) revient vers moi en me disant que DogID n’a pas de mail de ma part. Ce qui est assez logique vu que DogID m’a demandé d’envoyer un mail au ministère dont il dépend désormais. « Il faut leur envoyer un mail pour ouvrir un ticket chez eux. » Ces fameux tickets comme lorsqu’on est à la boucherie ou qu’on sollicite le helpdesk de la boîte. Trois semaines après le début de ma démarche, je me retrouve donc au point de départ. Mais nouvelle surprise, dans la foulée, l’attachée de presse me signale aussi que je ne pourrai cependant pas obtenir le nom des chiens. L’explication n’est pas très claire, mais tournerait autour de la vie privée (cette demande tourne à la blague).  Pas question évidemment de baisser les bras : je transferts à DogID, le mail envoyé au ministère, fin décembre. En reprécisant que je souhaite avoir les races par commune mais aussi les noms (et qu’il n’y a là aucune atteinte à la vie privée). A la rédaction, une collègue stupéfaite par la lourdeur des démarches me conseille de raconter cette histoire dans l’article.

Quelques jours plus tard, j’obtiens enfin le Graal mais comme annoncé, pas de noms par commune. Juste un top 10 au niveau national. Quant aux données, le travail de nettoyage fut particulièrement laborieux, entre les différentes appellations d’un même chien et les petite fautes lors des encodages, j’ai un peu ramé.

Clairement, les races de chien par commune était le « produit d’appel » pour tenter d’amener les lecteurs à s’intéresser à la problématique des chiens dangereux, avec l’exemple d’une commune qui avait d’abord interdit certaines races avant de revenir sur sa décision. On a aussi contacté un refuge pour savoir si tous les chiens étaient bien pucés et si cela changeait quelque chose.En print, cela s’est présenté sous forme de 3 pages mais je trouve que ma mise en page était particulièrement mauvaise (entre ce qu’on imagine et le rendu, il y a parfois un monde).

Sur le web, j’ai décliné ça avec une carte (via GFT) et infogram qui reprenait chaque commune (qui donne malheureusement quelque chose d’assez long). Clairement, le rendu est moins bien que l’exemple du Temps. Travailler en plein écran aurait apporté une solution. Cette demande a été rentrée il y a plus d’un an, j’attends toujours ^^.

Intérêt des autres rédactions locales

 

J’avais informé les autres rédactions du groupe L’Avenir de mes démarches. La rédaction de Tournai a d’ailleurs publié le sujet avant moi et je trouve que la mise en page de collègue, Stéphane Diricq est assez réussie.tournai chiens

D’autres rédactions ont montré un intérêt mais je ne sais pas où elles en sont dans leurs démarches. Selon moi, c’est ici qu’un coordinateur aurait pris tout son sens avec une seule demande, un travail plus rapide et une meilleure exploitation des données au niveau régional.

Quant à la lenteur de la réponse de l’administration, elle  tient en partie au fait que cette matière venait tout juste d’être régionalisée. Mais je reste interpellé par le manque de transparence de la banque de données.


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