Journalisme mobile: un facecam pour quoi faire ?

blog selfieComme projet à développer au sein de ma rédaction locale en 2016, j’ai pointé la vidéo et en particulier le journalisme mobile (pour rappel depuis mi-2014, on a donné un gros coup sur Facebook, l’occasion d’un probable futur post). Si vous êtes déçus de ne pas trouver de journalisme immersif au programme, vous pouvez toujours lire ici, dans le dernier cahier de Méta-Média. Mais la réalité d’une rédaction locale fait qu’on en reparlera seulement dans deux ou trois ans si tout va bien.

En attendant, je pense qu’on a tout intérêt à commencer à envisager sérieusement des productions vidéos. D’une part parce que l’internaute semble assez friand, d’après mes différentes lectures et d’autre part parce que nous avons au sein de la rédaction de l’Avenir Huy-Waremme, un collègue qui se débrouille de mieux en mieux dans ses vidéos tournées et montées avec son iPhone. Je vous en avais déjà parlé ici.

J’avoue : mon expérience en la matière est assez limitée et peu fructueuse. A la fois parce que les vidéos n’apportaient pas un réel plus mais aussi parce que l’aspect technique (tremblement) me faisait craindre un résultat peu professionnel.

Mais le hasard m’a un peu forcé la main : fin de l’année passée, après avoir donné un cours de journalisme web à l’ULB, j’ai reçu une perche à selfie distribuée sur le campus. Durant l’été, j’avais vu passer l’annonce d’une TV suisse locale réalisant ses JT avec des smartphones et perche à selfie. Une expérience que j’avais bien envie de tester avec ce surprenant cadeau. Ce que j’ai eu l’occasion de faire la semaine passée.
Un incendie venait de ravager deux maisons, s’il n’y avait pas de blessés, il restait deux familles sur le carreau. La rédaction avait  travaillé sur le sujet dès le soir de l’incendie. Le lendemain nous avions déjà réalisé quelques articles complémentaires. Suite à ce fait divers, il y a eu un grand mouvement de solidarité. J’ai donc proposé au responsable communication de la Ville de faire le point sur les différentes mesures prises. J’ai trouvé que c’était le bon moment pour tester la perche à selfie avec du journalisme mobile : on pouvait aller sur place et le responsable, ancien journaliste TV, était à l’aise face à une caméra. Cela m’offrait une nouvelle façon d’aborder l’information qui pourrait être facilement consommée sur mobile.

Il nous a fallu trois essais pour la bonne prise. La première était bonne mais les infos avaient évolué au moment de la prise de vue. Pour le deuxième, on s’est un peu pris les pieds dans le tapis. Ça tombait bien puisque pour la troisième, on est arrivé à ce que je voulais : faire face à la caméra.

J’ai pris le son avec le micro de l’iPhone et j’ai monté avec Splice, notamment pour ajouter les textes. Cette vidéo, je l’ai intégrée directement sur la page Facebook de la rédaction ainsi que dans un article bilan.

Les avis sur la présentation sont cependant nuancés :

Nicolas Becquet (Journaliste, blogueur, formateur) :
« Si tu souhaites reproduire ce format, investis dans une lentille grand angle (20€) pour élargir le champ et montrer plus, ainsi que dans un micro main iRig à 50€. Je veux bien participer à un crowdfunding ;-)
Avec ces 2 accessoires, le rendu de ta vidéo sera à la hauteur de tes efforts.
Un dernier point, ça semblerait plus naturel si vous ne regardiez pas la caméra. Pour le lancement, pourquoi pas, mais ensuite c’est une discussion, pas un direct.»

Thierry Dupiereux (rédacteur en chef de l’Avenir) :
« Sur le regard Camera je suis d’accord avec Nicolas. Tu peux amorcer avec un regard vers la cam lorsque tu prends la parole (en plantant le décor par exemple), mais après ton regard toit croiser celui de ton interlocuteur. Ensuite, tu rends l’antenne en clôturant par un regard vers la cam’ et un petit mot où tu reprends contact avec l’internaute. »

Jacques Duchateau (Journaliste Images Multimédias à L’Avenir) :
« Evite de regarder ton iphone… ça doit rester une conversation entre les deux personnes… il me semble.. »

Romuald Coosemans :
« En tant qu’internaute je dois dire que ce type d’interview ne me plait pas trop. Le regard incessant du journaliste vers la caméra est perturbant. Je n’arrive pas à me concentrer sur les paroles d’Olivier Jeuris. On se sent observé par le journaliste qui donne l’impression de vouloir capter l’attention sur lui. Par ailleurs, on ne voit pas grand-chose des dégâts occasionnés par l’incendie. Il serait utile d’investir dans une caméra grande angle. Bref je n’adhère pas trop. Ceci dit je n’émets aucune critique sur le fond de l’interview. Mon but est juste de transmettre le ressenti d’une personne extérieur à la profession de journaliste »

Damien Van Achter (Digital Sherpa)
« Le son crachote un peu mais j’imagine que tu as dû faire avec tes écouteurs iphone. Tu as posé ton gsm sur un petit pied ou tu le tenais en main ? Sinon peut-être un chouia long (quelques plans de coupe avec la voix du gars au-dessus aurait u alléger un peu le format … 2min 30 de face cam , c’est pas toujours évident de garder l’attention des gens jusqu’au bout. regarder la caméra, c’est 1000 fois plus engageant ! »

Voici le premier test sans facecam

C’est en réfléchissant à ces différentes remarques que je m’explique mon envie de faire face à la caméra : reprendre les codes du youtubeurs et tenter de les adapter à mon média. Pourquoi devoir mimer un face-caméra fait pratiquement tous les jours aux JT’s alors que nous sommes sur le web ? Bien sûr, il y a encore beaucoup de travail : cadrage, phrasé… sans parler du matériel complémentaire nécessaire.

Quant à cette première vidéo postée sur Facebook, elle a finalement été partagée, commentée et likée bien au-delà de mes espérances et elle a même bénéficier d’une traîne de quelques jours, ce qui est évidemment très rare.

Dernière chose, et non des moindres, à la différence d’un papier classique, nous avons eu plusieurs retours tels que : « Ha oui, j’ai vu votre vidéo sur internet, si je peux faire quelque chose… »  Cela me renforce dans l’importance de l’aspect humain, le lien entre le journal local et son lectorat, ses internautes, une réelle force de la presse locale, régionale.


2 réflexions sur “Journalisme mobile: un facecam pour quoi faire ?

  1. Bonjour. Etant moi même blogueur local j’aime bien regarder vos expérimentations. A mon sens, j’aurai mixé plans classiques sur les dégâts occasionnés, interview face caméra de votre interlocuteur et plans faits avec la perche à selfie dans lequels vous introduisez le sujet, présentez les faits… Pour le son j’ai investi dans un petit micro Rode SmartLav adapté à l’iPhone et ça améliore vraiment les choses. Je m’entraîne moi aussi à la facecam et je regarde beaucoup les vlogueurs américains sur leur manière de mixer ces séquences. Je pense qu’il faut en faire beaucoup pour trouver la bonne formule.

    1. Oui, je pense aussi que j’aurais pu ajouter d’autres plans (comme suggéré aussi par Damien), d’autant que nous disposions de photos.
      Par ailleurs, c’est clair que pour avoir un bon résultat, il y a un gros travail. Si vous avez des liens intéressants, je suis preneur !

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