Faire de l’info locale la force d’un site de presse : premier bilan en 4 points

Cela fait un peu plus d’un mois que j’ai quitté ma rédaction locale pour déposer mon sac et ma tasse de café dans la « soucoupe », cet espace de bureaux regroupant les personnes aux commandes du site web, en compagnie des éditeurs du journal, et qui est situé au cœur de la newsroom de L’Avenir. Un mois que je fais donc partie du « pôle région », cette équipe centrée autour de 3 journalistes (Adeline, Marie-Alice et moi-même) dont le but est de mettre au mieux en avant l’info régionale (et donc la plupart du temps, l’info maison) sur le site web de lavenir.net.

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Photo : eda – Jacques Duchateau

J’ai beau avoir bossé pas mal d’années un pied dans le print, un pied dans le web, j’ai découvert presqu’un nouveau monde. Programme, façon de bosser, organisation, gestion d’équipe…  C’est réellement passionnant et enrichissant.

Après un mois, j’avais aussi envie de faire un premier bilan. Le voici en 4 points.

Oui, l’info régionale, ça marche

C’est le pari au cœur du projet « pôle région » : toucher un nouveau public et donner envie à celui qui est sur le site, d’y rester plus longtemps. Les premiers chiffres sont encourageants et semblent conforter l’intérêt du pôle. L’info locale se glisse ainsi très régulièrement parmi les sujets les plus lus au quotidien.

Pour parvenir à ce résultat, le site a été revu pour mieux mettre en avant l’info provenant des rédactions locales (agences).

Ainsi, sur le haut de la HP,  home page (landing page), les infos régionales disposent d’une bande avec  4 emplacements. C’est la HP région. Elle est du ressort du pôle région. C’est là que nous plaçons les infos les plus fortes, les plus marquantes. Il faut évidemment se coordonner avec le journaliste qui gère le reste du site pour éviter des doublons dans la HP. Nous travaillons d’ailleurs côte à côte au sein de la soucoupe.

Le nouveau site a aussi revu ses zones de couverture. Auparavant, les infos étaient réparties entre les 5 provinces francophones et Bruxelles. Dorénavant, il y a 12 zones.  Chacune de ces zones se présente sous forme d’une HP avec 6 points particulièrement mis en évidence, le bandeau.

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Le « bandeau » de chaque zone se présente de cette façon.

Lorsque le membre du pôle région arrive à 7h, un de ses premiers boulots est d’actualiser ces zones. Ce travail se fait en coordination avec les rédactions  locales (lire ci-dessous).  Que mettre en vitrine ? Faut-il retravailler des titres pour les rendre plus « universels » et donc pouvoir les mettre aussi en avant sur d’autres rubriques ?…

Mais la plus grosse partie de notre travail consiste en l’envoi de newsletters ciblées sur les 12 zones, durant le temps de midi. Chaque newsletter disposant de 9 entrées, ce sont donc autant de Une à éditer, agencer pour les rendre les plus intéressantes. Ces newsletters sont clairement le travail qui nous demande le plus de temps. Deux membres du pôle sont alors présents pour assurer cet envoi.

A côté de ce rendez-vous fort de l’actu locale, nous nous appuyons sur les alertes mobiles et flash mail pour rebondir sur l’actu quand c’est nécessaire. Sans oublier un lien étroit avec le CM qui me confirmait encore il y a quelques jours que l’actualité régionale drainait un large public.

Comme des chercheurs d’or

Souvent, le boulot de l’équipe du pôle région consiste à passer l’ensemble de l’info (locale et sportive) dans un tamis à la recherche de pépites. Ces informations que le lecteur ne trouvera pas ailleurs et qui peuvent capter l’intérêt au-delà du village, de la commune. Une pépite, cela peut être ces quelques lignes dans une brève mais qui prennent tout leur sens quand on les lie à un fait d’actualité, à un dossier. C’est là que doit se trouver notre force : connaître le terrain et les dossiers locaux. Un travail de longue haleine et qui doit se faire avec les journalistes locaux sur le terrain. Ce n’est évidemment pas au siège central qu’on trouvera la meilleure actu mais c’est là qu’on peut la mettre en évidence et lui donner tout son sens. De même, de notre position, on peut faire des liens entre des infos issues de différentes locales mais qui peut donner à un article plus global, pris en main par la rédaction nationale.

Ces pépites, heureusement, on ne les cherche pas seuls. Un maillage est en train de se mettre en place pour nous épauler. Voisins dans la soucoupe, les éditeurs tiennent un rôle clé. Ce sont eux qui chaque matin et chaque soir coordonnent les pages avec les rédactions locales. Chaque soir, ils nous transmettent donc des infos que nous pourrons mettre en évidence le lendemain. Cet échange est bien huilé et cadré.

Une source moins officielle apporte aussi son lot de bonnes pépites. Il s’agit de l’équipe de la « tour de contrôle ». Leur boulot ? La relecture des pages et la gestion des chemins de fer. Cette équipe est située juste à côté de la soucoupe. Et c’est simplement en tendant l’oreille lorsqu’ils sont surpris par telle ou telle information que j’ai déjà pu recueillir quelques pépites passées entre les mailles du filet. L’autre avantage de cette équipe : tout passe sous ses yeux, y compris des suppléments. Or, un supplément peut aussi amener son lot de bonnes infos. Et ici aussi, un exemple récent me conforte dans l’idée d’avoir une oreille attentive à cette source plus « officieuse ».

Partenariat & « coaching »

En arrivant au pôle région, j’avais envie d’amener mon expérience de localiste qui a travaillé avec l’équipe web mais de l’autre côté de la barrière. Ici, j’ai envie de créer une relation de confiance avec les rédactions locales. Non, elles ne sont pas juste là pour alimenter le site. Il doit s’agir d’un travail commun. Chaque jour, j’essaie donc d’avoir un contact téléphonique avec des rédactions. Quelques minutes pour voir si tout est OK dans la façon dont on a mis telle ou telle actu en évidence, voir s’il n’y a pas besoin d’un coup de main… Je pense que c’est important ce lien pour embarquer tout le monde. Et quand une locale me sonne au p’tit matin juste pour me dire : « merci pour le bandeau (la HP de la zone), il est bien comme ça. Ça fait plaisir et ça montre que depuis notre soucoupe, on essaie de suivre au mieux chaque rédaction.

Avec certaines locales, il y a même un partenariat qui s’est mis en place : elles gèrent elles-mêmes leur zone. Le pôle région gardant cependant, pour l’instant, la main sur la newsletter. Ce partenariat est un vrai soulagement face à notre masse de travail. Partenariat qui peut bien sûr évoluer en fonction des besoins : si une rédaction ne sait pas l’assurer, on reste là en appui.

De même, à mes yeux, le pôle doit encourager le développement d’autres types de narration. J’essaie de faire circuler les exemples, réalisations, inspirations au sein d’un groupe comportant des journalistes de toutes les rédactions. Mais il faut aussi, concrètement, répondre présent quand les rédactions ont besoin d’un coup de main technique (dans nos cordes) ou d’un avis.

Comment dégager du temps ?

Nouer des contacts avec les locales, découvrir le fonctionnement, les outils, essuyer les plâtres du nouveau site… Ce premier mois fut particulièrement rempli. Mais perso, je reste dans le planning que je m’étais fixé avant d’arriver.

Par contre, une interrogation commune (de l’équipe et du responsable de la rédaction web) a été soulevée : comment atteindre un des objectifs voulu pour ce projet à savoir développer des contenus transversaux, originaux… L’équipe web s’est renforcée avec le pôle région mais dans le même temps, le travail à réaliser est plus important. A la base, il était prévu que sur une journée, une des personnes du pôle pouvait se consacrer à d’autres projets. Et ça, on n’y est pas. L’envoie des newsletters demande un temps plus important que prévu. Sommes-nous trop perfectionnistes ? C’est que pour chacune des newsletters, nous pouvons éditer l’objet du mail, les photos, les titres, les chapô… bref, on peut les bichonner et on ne s’en prive pas. Et vu que cela fonctionne, difficile de faire marche arrière.

Aujourd’hui, nous sommes donc à la recherche de temps. Toutes les idées sont sur la table.

C’est le petit point noir du projet. Après un mois de fonctionnement, rien de catastrophique mais il serait utile de battre le fer tant qu’il est encore chaud et de continuer ainsi à entretenir la dynamique.

Et sinon, pour me suivre sur twitter, c’est par ici @arnaudwery et il y a aussi ma page Facebook avec ma veille axée webjournalisme, presse locale et data.

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