« Des arbres qui poussent au milieu d’une tribune, de la rouille qui ronge les pylônes d’éclairage, des graffitis qui jonchent les murs des vestiaires, des fantômes du passé qui se souviennent de leurs exploits: L’Avenir est parti à la découverte des terrains de football abandonnés de Wallonie. »

La série « Wallurbex football club » a été lancée fin 2017 sur le site lavenir.net. C’est un de mes coups de coeur. Du coup, j’ai interrogé mon collègue, Romain Veys, qui part à la découvert de ces trésors, avec notre photographe, Jacques Duchateau.

Comment est venue l’idée de “Wallurbex football club” ?

L’idée vient au départ d’un simple tour de table. Alors que l’on cherchait des sujets pour un reportage de terrain (sans mauvais jeu de mot), Benoît Dardenne (chef adjoint au service web) a suggéré l’idée d’en faire un sur ce qu’était devenu le terrain de football laissé à l’abandon de Nessonvaux, en région liégeoise. Dans un contexte d’exploration urbaine de plus en plus populaire, c’est une idée qui a tout de suite séduit. D’autant que cela touchait notre public-cible, à savoir les amateurs de sport local. On a alors pris quelques renseignements, cherché quelques contacts et, finalement, nous sommes partis avec Jacques Duchateau, le photographe, à la redécouverte d’un autre terrain: celui dit “du Jonkeu”, sur les hauteurs de Verviers.

“Wallurbex football club”, c’est d’abord une série web ?

Oui, complètement. Le web offre la possibilité de proposer un reportage multiforme, mêlant le texte à l’image, celle-ci tantôt figée, tantôt en mouvement.

Il arrive que ces reportages bénéficient d’une publication dans le journal en format papier, mais ce n’est finalement qu’un avant-goût de ce que le lecteur peut trouver sur le web, car le point fort de cette série est justement l’équilibre qu’on essaye de conserver un maximum entre le texte et l’image: chacune de ces deux facettes apportent une plus-value au reportage, renforçant l’intérêt de l’autre. Le web permet de pouvoir dépasser les limites du papier, en termes d’espace notamment: on peut se permettre de publier plus qu’une photo et nous ne sommes pas tenus de faire entrer toute l’histoire que l’on veut raconter dans un nombre bien précis de caractères !

Dès le début, tu as su que cela serait une série qui s’étalerait sur plusieurs mois ?

L’idée n’avait à mes yeux qu’un réel intérêt si le projet pouvait se décliner dans toutes nos zones de couverture. Le fait de décliner cette thématique sur plusieurs sites, dans plusieurs régions, sous de multiples angles s’est donc imposée. Au moment de réaliser concrètement le premier épisode, on savait ainsi que, si le retour était positif, on irait rapidement voir ce qui se fait ailleurs. C’est la raison pour laquelle, lors de la parution de ce premier épisode, tout avait déjà été mis en place pour que ce Wallurbex Football Club devienne une série.

wallurbex vesqueville

Mais si on voulait effectivement faire de ce Wallurbex Football Club une série, on ne savait pas combien de temps cela pourrait durer, non. L’idée était de pouvoir proposer au minimum un reportage par province wallonne. Mais entre la recherche des terrains, celle des contacts de personnes pouvant nous raconter l’histoire de ces lieux et les disponibilités de chacun, cela peut vite prendre plusieurs jours, voire semaines, sans parler bien sûr du fait que ce projet n’est qu’une goutte dans l’océan des tâches que l’on doit mener tout au long de l’année. Actuellement, nous en sommes à 4 mois de vie du projet et six épisodes publiés. L’ambition est de pouvoir continuer sur ce rythme d’un épisode toutes les 3 ou 4 semaines, sans nécessairement se fixer de délais final.

wallurbex Amay

As-tu déjà un nombre minimum de reportages prévu ?

Comme je l’évoquais ci-dessus, l’idée était de réaliser au minimum un reportage par province wallonne. Actuellement, on en a déjà bouclé quatre en province de Liège, deux en province du Luxembourg, un dans le Hainaut et nous avons encore trois reportages en préparation. Si on parvenait à en faire une vingtaine, tout en visitant chacune des cinq provinces wallonnes, ce serait vraiment top ! Mais il n’y a pas un nombre de reportage concrètement arrêté.

Quelle est la principale difficulté ?

Il y en a plusieurs et pas toujours celles auxquelles on s’attend. Bien sûr, trouver les terrains et les témoins pouvant nous raconter leur histoire est parfois compliqué. Il nous faut donc sillonner la Wallonie au gré de nos contacts ou de… Google Map ! Il arrive donc que l’on trouve un chouette terrain grâce à cela mais que, une fois arrivé sur place, cela ait changé du tout au tout ! Il faut pouvoir aussi varier les angles, les approches: chaque terrain est unique mais toutes les histoires se ressemblent. C’est d’ailleurs, je crois, l’une des forces de cette série: même si l’on ne connaît pas le terrain ou le club dont on parle dans un épisode, son histoire rappelle inévitablement des similitudes rencontrées ailleurs. Mais pour rester attrayants, nous devons donc chaque fois tenter d’innover et d’appréhender chaque histoire différemment.

wallurbex verviers

Des reportages ont-ils déjà été abandonnés faute de visuel en suffisance?

Oui. En province de Namur, les quelques terrains débusqués jusqu’ici n’ont rien donné, tout simplement parce que, visuellement, ils n’étaient pas intéressants. On est par exemple allé à Bambois, sur la commune de Fosses-la-Ville, où un club canin a pris possession de l’ancien terrain de football. Il y a certes encore les deux buts, mais l’activité actuelle du site a pour ainsi dire effacé toutes les autres traces du foot qui s’y jouait autrefois…

Tu as créé des comptes Facebook et Twitter dédicacés, c’est important ? Es-tu aussi sur un Instagram ou Snapchat ?

L’idée était double: pouvoir toucher différents lecteurs potentiels qui ne sont pas forcément des habitués de Lavenir.net; accentuer l’aspect récurrent des reportages. On a créé cela comme si c’est une institution, un club de football, qui diffusait son actualité via les réseaux. Un peu comme si on se présentait comme “le club de football des terrains abandonnés”.

Le choix de Twitter et Facebook s’explique tout simplement par le fait que ce sont deux réseaux sociaux que l’on utilise quotidiennement, alors que je dois confesser être bien moins familiarisé à l’utilisation d’Instagram et Snapchat.

Quel est, jusqu’à maintenant, ton reportage préféré ?

wallurbex Liège

Celui de Wihogne, qui accueillait autrefois l’académie du RFC Liège, puis du RCS Visé. Visuellement, c’était réellement impressionnant de voir ces dix terrains à l’abandon, tous côte-à-côte. Et puis l’histoire derrière était elle aussi belle, liée de près à celle d’un ancien grand nom du football belge, l’ancien Diable rouge Yves Baré. Enfin, j’y avais joué étant gamin et donc, forcément, cela m’a peut-être plus “parlé” que pour d’autres reportages. Mais on en a d’autres dans les cartons qui vont également valoir leur pesant de cacahuètes, avec des histoires incroyables, des visuels insolites et de savoureux témoins !

Et sinon, pour me suivre sur twitter, c’est par ici @arnaudwery et il y a aussi ma page Facebook avec une veille axée webjournalisme, presse locale et data.

 

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