+ DANS LE BAS DE CE POST VOUS TROUVEZ 4 ERREURS QUE NOUS AVONS COMMISES

Cela fait quelques temps que l’envie de lancer un podcast me trotte dans la tête, j’en écoute pas mal et je suis vite accro. Mais avant de me lancer j’étais face à plusieurs questions cruciales:

  • comment s’y prendre ?
  • quel investissement en temps cela implique-t-il ?
  • comment faire parvenir le podcast jusqu’à l’internaute?
  • quelle histoire peut s’y prêter ?

L’occasion est venue dans le cadre du centenaire de (Vers) L’Avenir. Pour le weblab, j’étais chargé de réaliser un long format sur base du livre écrit par mon collègue Jean-François Pacco. Un livre revenant sur les grandes et petites histoires racontées et vécues par les journalistes de notre titre de presse depuis 100 ans (sur la région de Namur). Un livre tellement riche que j’étais quelque peu frustré en réalisant le long format : j’avais l’impression que je devais me passer de très belles histoires (impossible de tout mettre dans le long format).

C’était l’occasion de tester le format “podcast”. J’avais de bonnes histoires à la fois locales et universelles et surtout, Jean-François Pacco était d’accord de transcrire ses histoires dans un style plus “radio” et de les raconter. Voici les premiers pas de la série L’Avenir raconte.

Si L’Avenir.net n’a jamais fait de podcast, Vers l’Avenir a déjà tâté de la radio. C’est en lisant le livre sur le centenaire que j’ai ainsi découvert que Jean-François Pacco avait justement fait partie de cette aventure.

Corinne Marlière, journaliste ayant une expérience en radio, nous a aussi rejoints et elle a pu apporter toute son expérience. Le podcast allait ainsi se structurer sur deux voix : Jean-François pour la narration et Corinne pour de précieuses relances qui ont permis de rendre les histoires plus vivantes, plus radiophoniques.

Ce projet de podcast fut l’occasion de réveiller le studio télé qui somnolait au milieu de la rédaction. Et il ne faut pas s’en cacher: déjà disposer d’un matériel pour se lancer est un vrai plus.

L’objectif de ce podcast était d’offrir une série pendant la première semaine des vacances de Noël. Une histoire par jour. Sept histoires à sélectionner, brassant différents thèmes (guerre, royauté, fait-divers, sport…) Il fallait des histoires étonnantes et pouvant parler à des internautes n’étant pas de la région namuroise. N’étant pas de Belgique (rêvons un peu :-D)

Idéalement, j’avais imaginé des histoires entre 10 et 15 minutes. Mais le temps jouait nettement en notre défaveur: nous avions une dizaine de jours pour réécrire les histoires, les enregistrer, les monter et les diffuser. Ajoutez à cela que l’hébergement et la diffusion des podcasts étaient complètement inconnus pour nous et vous cernez peut-être un peu mieux la difficulté. Nous nous sommes donc basés sur les histoires déjà utilisées pour le livre (réécrites) et nous tournions autour de 5 à 6 minutes.

Comme en plus des histoires, nous avions des visuels disponibles, un collègue a proposé d’en faire des formats vidéos. Des “diapo-sonores” en quelque sorte. L’idée était bonne mais dans les faits, ces vidéos ont considérablement alourdi le travail de montage. Avec le recul, je pense que ces vidéos (dont certaines ont particulièrement bien fonctionné) ont, pour les internautes, pris le pas sur le coeur du projet: les podcasts.

Malgré les délais très courts et les inmanquables erreurs de débutants, je suis fier de cette série L’Avenir raconte. Jusqu’au dernier moment, j’ai cru qu’elle ne verrait pas le jour. Mais je suis vraiment satisfait tant sur le plan des histoires choisies que sur la façon dont elles sont racontées. Cette expérience ouvre de belles perspectives pour raconter des histoires différemment, en prenant soin toutefois d’éviter de tomber dans un effet de mode.

Nos erreurs

  • J’ai pensé le podcast comme on pense une série print : un épisode par jour. Le temps d’exposition fut dès lors beaucoup trop court. Un épisode par semaine aurait été plus efficace.
  • La prise de son fut trop faible. Derrière la console, j’ai trop misé sur la sécurité, craignant que le son sature. Il a fallu le pousser au montage ce qui n’est jamais une bonne chose.
  • Jacques Duchateau, qui est JRI et qui a déjà réalisé plusieurs diapo-sonores, s’est chargé du mixage. Idéalement, j’avais imaginé une véritable bande sonore pour accompagner chaque histoire mais vu les délais courts, seule une musique fut mise en tapis sonore. Jacques craignait que les seules voix rendent le récit un peu monotone et ce tapis sonore servant à masquer les imperfections de mes prises de son. Après coup, nous étions tous d’accord pour dire qu’elle n’était pas utile partout.
  • N’avoir pas expliqué aux internautes comment écouter un podcast (ndla : depuis, on s’est rattrapé, dans le cadre de notre chronique « podcasts » lancée fin 2019).

Indispensable pédagogie

Proposer de se lancer dans l’aventure d’un podcast, c’est d’abord expliquer au sein même de la rédaction ce que c’est qu’un podcast, comment cela se “consomme” et ce que cela implique. Lorsque Elisabeth Debourse m’a interrogé à propos de ce projet pour le mensuel de l’association des journalistes professionnels belges, elle m’a demandé s’il ne fallait pas éduquer le public aux podcasts. J’ai été surpris par la question mais elle a raison: il y a un vrai travail pédagogique à effectuer aussi bien au sein de la rédaction (qu’est-ce qui peut faire l’objet d’un podcast, comment va-t-il se décliner…) qu’auprès du grand public (comment les écouter et quel est l’intérêt).

Mes sources d’inspiration

Pour plonger dans l’univers des podcasts, j’ai beaucoup lu avant et encore maintenant.

Je peux vous conseiller cet état des lieux de Delphine Noyon:

La presse régionale s’invite sur la planète podcast

Maëlle Fouquenet a aussi pas mal planché sur le sujet et elle propose trois posts:

Podcasts et presse écrite : 6 bonnes raisons d’y aller

Podcasts et presse écrite : pensez-les d’abord comme un produit

Podcasts et presse écrite : comment les financer et gagner de l’argent ?

Et puis, il y a aussi les coups de fils, les échanges de mails, de tweets… Avant, pendant et après. Des conseils, des retours sur les épisodes.. Du coup, un grand merci à Elise (qui a d’ailleurs lancé son podcast A Parte qui entre dans la fabrication de l’info avec ses artisans, celles et ceux qui innovent et testent de nouveaux formats), Elisabeth, Damien, Grégory & Grégoire (qui a notamment fait un écho de notre série sur les Moissonores).