Le 1er octobre, le groupe Centre France publiait son premier rapport annuel d’impact. Un travail passionnant que je vous recommande de lire en cliquant sur ce lien.

Dans ce rapport se trouve la notion de “droit de suite”:  le fait de “revenir sur une information délivrée à chaud pour la contextualiser et l’expliquer sur des temps plus longs.” C’est exactement cette démarche qui m’avait conduit quelques jours auparavant à revenir sur une étrange pollution en Belgique.

Tout est parti d’un article de Jefferson Yans, correspondant local dans l’édition de L’Avenir Huy-Waremme (où j’ai travaillé une douzaine d’années) relayant l’appel d’un propriétaire d’un moulin situé le long du Geer, petite rivière qui prend sa source en Hesbaye, traverse la Flandre, repasse en Wallonie et va finalement se jeter dans la Meuse à Maestricht. 

Ce riverain avait constaté une pollution encore jamais vue (le Geer n’est pas la rivière la plus propre de Belgique). Des analyses révèlent la présence entre autre de mercure et d’arsenic. En cette fin d’été, cet article m’interpelle et je me le mets de côté.

+LIRE | De l’arsenic et du mercure dans le Geer!

Je me dis que nous pourrions développer plus l’info, à l’image du travail de Thomas Baietto et de l’équipe de France Info sur #alertepollution (j’en avais fait un post sur mon blog ). Une discussion avec Thomas (au passage, merci pour sa disponibilité) me confirme que le sujet mérite d’être creusé. 

Pour revenir sur le sujet, il faut du neuf, un nouvel éclairage… Je fais le choix de l’expertise en interrogeant une prof de l’Université de Liège  (en ayant au préalable obtenu les résultats complets des analyses, étape incontournable mais pas si évidente).

En recontactant les différents intervenants, j’apprends qu’un député wallon (Rodrigue Demeuse) a questionné la ministre wallonne de l’Environnement (Céline Tellier) et que la réponse écrite est attendue pour fin septembre. 

Les astres semblent alignés pour que la suite donnée au premier article soit ancrée dans l’actu.

Restait à construire la narration (dès le départ, le choix avait été fait de partir sur un format « grand-angle ») pour tenter de captiver un public au-delà des riverains immédiats de la rivière. Ma source d’inspiration, c’est notamment Wilfried Mag pour ce type de longread.

Au final, grâce à la force du weblab (cellule regroupant journalistes et développeurs au sein de L’Avenir.net) nous avons pu rapidement monter un grand-angle comportant de l’image (photos & vidéo), de la  carto (à mes yeux, si on voulait que le sujet parle au plus grand nombre, il fallait apporter un côté “pédagogique” en situant les lieux). Un grand-angle volontairement sobre au service de l’histoire.

Au final, pour ce grand-angle destiné aux abonnés, le temps de lecture est supérieur de plus de 25% par rapport à la moyenne des productions du weblab (dont le temps de lecture est déjà très largement supérieur aux articles “classiques”).

Et ce qui m’aura particulièrement marqué, c’est le nombre de messages positifs soulignant la qualité du travail. Une véritable satisfaction.