Le groupe Centre France, qui édite de nombreux titres dont La Montagne, La République du Centre, Le Berry Républicain… et qui couvre 1/5e de la France s’est engagé dans un exercice d’impact et de transparence. Centre France vient de publier son deuxième rapport reprenant une série d’actions entreprises mais aussi quelques premiers bilans. J’avais fait lire le premier rapport à quelques collègues. Cette fois, j’ai opté pour une sélection personnelle et donc totalement subjective. N’hésitez pas à parcourir ce rapport pour vous faire votre propre idée..

  1. Les vérifications et décryptages d'(Anti)viral ont séduit les lecteurs
    Lancée en novembre 2020, la rubrique (Anti)viral a pour objectif « de répondre à vos interrogations et vos inquiétudes au travers de différents formats : des éclairages, des décryptages, des comparatifs, du contenu pratique ou encore des bilans chiffrés, comme ceux que nous avons pu faire tout au long de cette année pour suivre l’évolution de l’épidémie. » On est ici pleinement dans le fact-cheking, le décodage et le journalisme explicatif, voire dans de l’evergreen. Sans (grande) surprise, cela fonctionne. Et plutôt bien: « les articles siglés (Anti)viral sont en moyenne trois fois plus consultés que les autres contenus d’actualité publiés sur nos sites. »
    Intéressant (et bien vu en termes d’implications des équipes): l’équipe d'(Anti)viral est composée de journalistes issus des 8 quotidiens du groupe. « Venu pour une ou plusieurs semaines, chacun d’entre eux aura apporté son expérience et son expertise au service de la rubrique ».
    Les points que l’équipe compte améliorer « notre présence sur les moteurs de recherche; proposer notre regard tout au long de la journée mais aussi anticiper vos questionnements ».
  2. 220 belles histoires qui touchent au-delà de leur territoire
    C’est la richesse de la presse locale (ok, je ne suis pas totalement impartial sur ce coup ^^): en sillonnant le territoire, les innombrables rencontres, les contacts,… font ressortir un lot régulier d’histoires étonnantes dont l’intérêt va bien au-delà de la commune, de la ville, de la région. Fin octobre, le groupe Centre France veut donner « de l’oxygène » à ses lecteurs et lance la rubrique « La belle histoire ». Une rubrique que le groupe met en évidence, dans sa version print, avec une double page avant la Der’. « Au total, nous avons publié 220 Belles histoires dans nos éditions papier et sur internet, très régulièrement reprises dans les revues de presse nationales. »
  3. La juste place de la femme dans les contenus du groupe
    Centre France a lancé un groupe de travail d’une vingtaine de journalistes qui scrutent « la représentation des femmes dans nos journaux et sites internet ». L’objectif est de préparer « un rapport pour que nos productions journalistiques représentent de manière plus juste « la vraie vie ». » Cinq thématiques ont été définies. « Le premier groupe travaille sur la qualité de la prise de parole, pas seulement la quantité. On s’est aperçus que l’on avait beaucoup de femmes témoins et que l’on manquait parfois de femmes expertes. On s’interroge sur la photo, de quelle manière on la traite en web et print. On a aussi cherché des indicateurs, pour pouvoir mesurer la place que l’on donne aux femmes, pour avoir des données concrètes. On a un groupe qui prépare dix bons conseils aux journalistes pour ne pas écrire sexiste. » Et le groupe de s’inspirer de la BBC et du Temps.
  4. Miser sur la diversité et la jeunesse
    En 2018, le groupe Centre France a lancé sa « Centre France Académie »: une formation en alternance qui se base sur deux des pôles du groupe: les rédactions et l’ESJ Pro. Au programme : du terrain et de la théorie. « Nous avons cette volonté de détecter de nouveaux talents, souligne Sandrine Thomas, directrice des rédactions du groupe Centre France. D’accueillir davantage de diversité dans nos équipes, des profils au parcours pas forcément linéaire qui nous apportent beaucoup, avec leur regard et leur expérience ».
  5. Oser évoquer ses erreurs
    Dans une volonté de transparence, parler de ses erreurs peut paraître logique. Mais, reconnaissons-le, c’est loin d’être évident et rien que l’idée peut donner lieu à quelques sueurs froides, voire crispations en interne. Ce deuxième rapport n’élude pas la question et ne craint pas d’évoquer, par exemple, la déception concernant l’audience du format testé durant le confinement « L’Antenne »: « Nous étions persuadés d’être sur la bonne voie en vous proposant une nouvelle manière de « pousser » des infos locales, nationales, notre propre veille sur les réseaux et de répondre à vos questions sur l’actualité avec un ton différent. Cette « promesse » journalistique était sûrement trop complexe, nous allons la retravailler dans le cadre d’un chantier sur une nouvelle application mobile ».

Et j’aurais aussi pu vous parler de la réflexion toujours pertinente de Soizic Bouju (la DG) ou encore de ce médiackathon interne dédicacé aux nons-lecteurs (une importante question que tous les groupes de presse devraient se poser). Bref, filez lire ce rapport 😉