Je rattrape lentement mon retard de podcasts (les conséquences indirects du télétravail) et je viens de terminer la saison 1 de “Les médias se mettent à table” co-produit par Samsa.fr et Ginkio.

L’interview de Jean-Paul Philippot, le boss de la RTBF (le groupe de radio et télévision publique belges francophones) m’a plus particulièrement intéressé (notamment parce que je vis en belgique).

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Je reviens sur deux aspects liés au plan de transformations de ce médias (qui ne sont pas nécessairement récents). Un plan de transformation qui n’est pas passé inaperçu puisque Jean-Paul Philippot avait été pressenti pour prendre la tête de France Télévision.

Dans le cadre de ce plan, la RTBF a identifié 4 publics cibles “afin de mettre les publics au centre de la réflexion” (un travail que nous avons aussi amorcé à L’Avenir.net et dont je parlerai dans un prochain post).

Les 4 publics cibles de la RTBF

Nous :  c’est un public plus âgé qui est présent essentiellement dans l’offre linéaire. Ce public fait partie de la communauté à travers le média qui a un rôle de lien. Ce public se retrouve devant une émission populaire, un film, une retransmission d’un événement sportif…  

Jeunes adultes: c’est la nouvelle génération active. Des personnes qui démarrent une famille, un boulot. Elles ne croient pas toujours ce que les médias classiques leur fournissent comme information.

Les jeunes adultes ont un pied dans la TV/radio et un autre fortement installé sur des usages numériques (abo à plateforme de streaming internationale)

Affinitaires: Ces personnes attendent du média qu’il renforce ses passions, lui apprenne quelque chose, lui permette d’approfondir ses connaissances. Ils veulent plus de débats, d’expertises dans les choix musicaux…

Nouvelles générations: c’est un public jeune pour qui la radio/tv c’est ce que les parents regardaient. Jean-Paul Philippot qualifie ce rapport “d’historique et de patrimonial”. 

C’est un public de conquête, qui consomme exclusivement via les plateforme numérique.

Comment mesurer l’engagement ?

En 2018, la RTBF a créé une direction des données, une équipe dédiée à la collecte et à la qualification des données.

L’entreprise publique belge a mis en place un cluster datas: il y a des référents datas dans tous les départements de l’entreprise. Il y a une mesure hebdo du trafic et de l’engagement sur toutes nos plateformes.

Défi: introduire/ généraliser une culture du test & learn (nouveaux formats / nouvelles plateforme).

Un des risques: “la dispersion et une perte d’efficience dans l’utilisation de nos moyens.”

On peut maintenant généraliser le T&L parce que notre département de données nous délivre 1 fois par semaine des éléments d’analyses de l’engagement, de la contribution de chacune des initiatives que nous prenons.

Ce qui fait dire à Jean-Paul Philippot que la RTBF est une “entreprise apprenante: dans 4 ou 5 ans, on aura un bagage d’expertises et de connaissances de ce qui fait levier efficace et de ce qui est parfois très satisfaisant mais qui porte peu de fruits.”

Photo: Archive Martin Gillet / Café numérique Namur