Dans le cadre de « Journalistes en classe« , j’ai été à la rencontre d’une classe de rhétos (17, 18 ans) en Wallonie (Belgique) pour discuter information et journalisme.

J’ai commencé par questionner les étudiants sur leur consommation de l’information (même si j’ai toujours un peu du mal avec ce mot « consommation », comme je leur ai d’ailleurs avoué). Pour ça, les post-it sont une aide précieuse. « Écrivez 2 (ou 3) noms de médias que vous avez consulté ces 2 dernières semaines. Ainsi que le support : papier (y compris magazine), PC, TV, tablette, smartphone. »

Ce post n’a évidemment pas de vocation scientifique mais il donne certaines tendances.

Premier constat: sur les 19 étudiants, deux m’ont dit ne pas vouloir s’informer. Ce phénomène d’infobésité toucherait 36% des Français selon le Reuters Institut dans son rapport de juin 2022.

Deuxième constat: aucune trace du papier. Si je pensais, naïvement, que certains magazines pouvaient venir enrichir les sources d’infos affichées au tableau, c’est raté. Pas de papier parce que « on veut s’informer quand on veut ». Sous entendu, en allant sur le web.

Troisième constat: le terme média n’est pas toujours clair. « Radio Contact, c’est un média ? ». Voire, pas identifié: « C’est sur google. » Pas vraiment une surprise. Et dans une précédente newsletter de Mediarama, Cyrille Franck reprenait d’ailleurs ces propos échangés lors du dernier Festival de l’info locale par Alessandro Massi, co-fondateur et Directeur Général de Qiota (solution pour la monétisation des contenus), “les réseaux sociaux ont une faible conversion car le trafic est peu qualifié. 70% ne se rappellent pas où ils ont vu la source de ce qu’ils lisent : je l’ai vu sur Facebook”.

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Ce qui motive à lire les articles trouvés via Google? Quand l’information paraît vérifiée et compréhensible. Ce dernier aspect souligne l’intérêt d’éviter le jargon, de penser que tout le monde suit le dossier et de faire ressortir les informations importantes.

Quatrième constat: Facebook n’a pas été cité comme source d’info. Mais bien Google (via Google news et Google Discover), Instagram et TikTok.

Cinquième constat: pour ceux qui ont des apps, les push sont susceptibles de les faire cliquer sur les articles.

Sixième constat: la TV est toujours bien reprise comme source d’info. 😀

Suite au partage de ce post sur les réseaux sociaux, une personne a attiré mon attention sur cette enquête:

En 2020, #Génération2020 concrétisait la première enquête d’envergure sur les pratiques numériques des enfants et adolescent∙es en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette enquête, principalement quantitative, révélait l’intérêt certain des adolescent∙es pour l’actualité. Elle a aussi permis de mettre en lumière leurs préoccupations à ce sujet : de nombreux facteurs facilitent ou entravent leurs découvertes de contenus informationnels. La nécessité d’approfondir cette thématique est apparue évidente. Ce second volet de l’enquête #Génération2020 s’est ainsi focalisé sur l’exploration des pratiques informationnelles du public adolescent.

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