Dans les coulisses du Mystère de Grimouville

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Le Mystère de Grimouville, c’est la belle surprise du début du mois d’avril. Mes racines de journaliste localiste ont été titillées par cette histoire, hyper locale. Une histoire qui baigne dans une atmosphère qu’on retrouverait bien dans un Fred Vargas.
Non seulement ce webdoc est réussi mais en plus, les auteurs sont super disponibles. J’en ai donc profité pour interroger Romain Jeanticou (qui a réalisé le reportage avec Charles-Henry Groult)
 sur les coulisses de ce projet : comment ils ont bossé, quel a été l’apport du studio de création… Avec des réponses super complètes qui devraient en intéresser plus d’un.

- Les nombreux retours positifs vous étonnent-ils ? Et… avez-vous eu des critiques ?

Nous avions confiance en notre histoire, qui est la raison d’être du webdoc et son intérêt principal. Elle se résume en deux phrases, attise la curiosité et donne envie d’aller au bout. Lors de la collecte de crowdfunding et de la présentation au Figra, nous avions pu mesurer son efficacité.
Le vrai challenge était de la mettre en scène dans un webdocumentaire, l’articuler correctement, faire en sorte que l’interface la serve et que le spectateur soit immergé dans le mystère. Une de nos principales craintes était de laisser chez l’internaute une certaine frustration vis à vis de notre choix de fin. Sur ce point-là, nous sommes effectivement agréablement surpris de constater que la quasi-totalité des gens adhère au parti pris éditorial, certains nous félicitant même de nous être sortis avec succès d’un final "casse-gueule". Ça nous fait particulièrement plaisir car c’était important pour nous.
De façon générale, nous sommes très touchés par l’accueil que reçoit notre projet depuis le départ, que ce soit à travers le soutien lors de la collecte ou le succès à sa diffusion.
Il y a certainement des critiques négatives mais peu nous ont été adressées directement ou postées en ligne donc nous en avons eu peu écho. Les principaux mauvais retours concernent l’accès au webdoc, qui est parfois chaotique selon les navigateurs. À part ça, quelques trolls sur Rue89 nous ont reproché de perdre du temps sur ce genre de sujet au lieu de nous occuper des "vrais problèmes".Jeanticou Groult
-  Combien de temps cela vous a-t-il pris ? 
C’est assez difficile à quantifier précisément car nous sommes allés pour la première fois à Grimouville en novembre 2012 mais entre ce premier tournage de quelques jours et la sortie du webdoc la semaine dernière, nous avons dû travailler chacun de notre côté dans nos jobs respectifs. On les a finalement quittés à Noël, donc je dirais que mis bout à bout on a dû travailler quatre à cinq mois à plein temps au total sur Le Mystère de Grimouville.
- C’est un sujet très local, pourtant, ce sont des médias "nationaux" qui vous acheté le webdoc. Avez-vous été contactés par des titres de PQR ?
Oui, dès le départ, c’est-à-dire au moment du prix du Figra et de la collecte. Mais si Télérama et Rue89 sont diffuseurs, c’est bien France Bleu, par l’intermédiaire des Nouveaux Médias de Radio France, qui a acheté le projet. Notre principal partenaire est donc bien un média de région. Le webdoc reste ainsi bien ancré dans le local comme nous l’avons toujours voulu, mais profite de la visibilité de diffuseurs nationaux.
- Avec le seul apport du crowdfunding (3 542 €) a quoi aurait ressemblé "Le Mystère de Grimouville" ?
Seule l’interface aurait été différente, puisqu’elle représente quasiment la totalité de notre budget. Le résultat aurait été encore plus Do It Yourself j’imagine, moins beau, moins fonctionnel, moins soigné sur les finitions car à ce prix-là il est impossible d’avoir un résultat propre en termes de développement et de direction artistique. Le webdoc n’aurait pas été visionnable sur iPad, par ailleurs.
- Le cheminement dans le village était prévu dès le départ ? Ou aviez-vous une autre idée ?
Dessin 2Oui, c’était prévu depuis le départ, avant même de mettre un pied à Grimouville. Dès que nous avons décidé de traiter le sujet sous forme multimédia, ce choix d’interface s’est imposé de lui-même car il servait parfaitement l’histoire : quelque chose de simple, immersif, avec un début et une fin. Nous l’avions présenté aux internautes lors de notre collecte.
- Comment avez-vous procédé pour capter les images pour ce cheminement  ?
Nous avons fixé une GoPro sur le capot de notre voiture et traversé le village en marquant des arrêts aux endroits où nous avions choisi de placer les personnages. Lors du tournage, nous étions encore étudiants au Centre de formation des journalistes de Paris et nous avons utilisé le matériel de l’école. On a essayé de filmer la traversée au 5D avec Charles-Henry à cheval sur la fenêtre et moi au volant mais c’était mille fois moins stable que le résultat de la GoPro !
- Comment avez-vous trouvé le studio de création ?
C’est notre producteur/parrain/ami/porteur de bières Olivier Lambert (Lumento) qui nous les a présentés. La boîte s’appelle Créaktif, ils sont à Paris.
- Quel a été son apport sur ce projet (à part l’aspect technique) ?
Nous avions demandé à Axel Corjon, qui s’est occupé du projet chez Créaktif, de ne pas hésiter à nous soumettre ses suggestions ou ses remarques, c’était important pour nous d’avoir son regard autant comme développeur que comme graphiste ou directeur artistique. Il a apporté plusieurs idées que nous avons intégrées au résultat final et a donné une cohérence à l’ensemble.
- Une semaine après sa mise en ligne, auriez-vous envie de modifier quelque chose ?IMG_9741
On n’a jamais vraiment fini de travailler sur un projet pareil ! On aurait aimé un fonctionnement vidéo encore plus fluide, une image un peu plus léchée, aussi. Il y a toujours moyen de faire mieux, mais il faut aussi savoir dire "stop, on s’arrête là". Nous sommes satisfaits du résultat final et très heureux d’avoir été au bout de notre projet.
- Connaissez-vous les chiffres de fréquentation ?
Nous n’aurons les chiffres totaux (France Bleu + Télérama + Rue89) qu’à la fin de la semaine mais ce que l’on sait déjà c’est que 35 000 visiteurs uniques se sont connectés le week-end de la sortie du webdoc pour le voir sur France Bleu et 50 000 en un seul jour sur Rue89. Ça fait super plaisir de voir autant de gens s’intéresser à un projet avec un aussi petit budget.
- Comptez-vous présenter votre webdoc à des festivals ?
Si nous en avons la possibilité, bien sûr. Nous le présenterons avec plaisir partout où l’on veut bien de nous.
- Dans une interview à Télérama, tu expliques que ce webdoc est arrivé par hasard et que vous n’y connaissiez rien en la matière. Aujourd’hui, ça vous donne envie d’en faire d’autres ?
Ça nous donne envie de travailler sur des projets originaux, innovants et multimédia. Nous avons réalisé Le Mystère de Grimouville sous forme de webdocumentaire car nous trouvions que c’était la forme qui convenait le mieux à l’histoire que nous voulions raconter. On garde à l’esprit, que ce soit avec notre média de reportage long format et multimédia Le Quatre Heures que nous lançons en tant que média pérenne à la rentrée (www.lequatreheures.com pour la version bêta) ou pour d’autres idées que nous avons en tête, que la forme doit servir le fond et que c’est le sujet qui doit imposer le format. Nous sommes journalistes et avons envie de raconter des histoires. Si on peut s’amuser et expérimenter un peu pour ce faire, c’est encore mieux.
- Sur kisskissbankbank, vous annoncez un iBook, un prolongement nécessaire, ou plutôt une idée pour obtenir du financement supplémentaire ?
Ni l’un ni l’autre, nous l’avions réalisé dans le cadre de notre formation au CFJ, il accompagnait la version écrite du Mystère de Grimouville, qui est le point de départ du webdoc. Au moment de décider des contreparties à proposer aux donateurs, nous avons pensé que comme il apportait une vraie valeur ajoutée et du contenu inédit, c’était un chouette bonus à offrir pour les possesseurs d’iPad. Pour nous, c’est aussi l’occasion de maîtriser un nouveau support multimédia et de s’initier à des plateformes du type de l’Apple Store.

Formation dataviz à Liège fin avril

maison de la pressePour le compte de l’AJPRO, je donne une formation "Visualisation des données". J’y expliquerai "infogr.am" & (en fonction du temps disponible) "datawrapper"

La visualisation de données, ou dataviz, est l’étape finale du datajournalisme, celle ou la/le journaliste expose ses données d’une façon lisible et cohérente par rapport à son angle. Pour ce faire, il existe de très nombreux outils gratuits ou payants à disposition.

Ce vendredi 25 avril, à la Maison de la Presse de Liège, j’expliquerai "infogr.am", un programme gratuit utilisé par de très nombreuses rédactions web et qui offre une multitude de visibilités tout en permettant d’y insérer des photos, vidéos, textes… Dans le cadre de ma formation "data" aux différentes rédactions de L’Avenir, c’est un des programmes qui a le plus de succès.

En fin de séance, je présenterai datawrapper, un autre outil que j’utilise pratiquement au quotidien pour créer des graphiques interactifs.

Retrouvez toutes les infos pratiques en cliquant sur ce lien

(crédit photo : Benjamin Hermann)

1er mois de formation datajournalisme au sein des rédactions de lavenir (en gifs animés)

Voici un mois que j’ai enfilé le costume de "formateur-coach-accélérateur web" (au choix) avec ma précieuse trousse à outils web pour parcourir les différentes rédactions de l’Avenir

Quand j’explique pourquoi je suis présent, lors de la première réunion de rédaction de la semaine, j’ai souvent droit à ces regards

Le web étant encore perçu comme ça
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Certains (une très petite minorité) me regardant comme si pendant une semaine, la vie allait ressembler à ceci

Dès les prémisses du projet, j’avais en tout cas demandé à éviter le format "cours-scolaire".

Je préfère nettement bosser avec chaque journaliste individuellement. Un choix conforté par ces 4 semaines : dans 9 cas sur 10, après avoir passé en revu les 6, 7 outils et surtout les exemples réalisés par des journalistes de la maison, l’ambiance ressemble à ceci

Sidonie Dumas et François Clerc à la soirée chiffres d’Intouchables

J’ai évidemment essayé de passer auprès de tout le monde… mais ce ne fut pas toujours gagné

Cannes. Chez Chanel ils veulent me faire payer mon smok ??!!

Sans oublier les petits soucis techniques

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(qui ont fait dire à un collègue pince-sans-rire "je me demande si on ne prend pas les choses à l’envers")

Dans les prochaines semaines, je ferai un bilan détaillé (avec des exemples concrets) de ce projet. Mais après 4 semaines dans les rédactions (2 locales et la rédaction nationale), cette expérience a en tout cas répondu aux attentes de base : donner aux journalistes des outils facile à mettre en place pour enrichir des contenus web, voire pour réaliser des reportages à partir de données.

Lors des 2 semaines passées au sein de la rédaction nationale, les articles data ont non seulement alimenté l’espace abonnés  de lavenir.net mais ils ont aussi été mis en avant pour faire de l’audience (gratuit).

Et pour le clin d’oeil, voici les chiffres "off" de mon passage à la rédaction de Tournai

tournai

 

Le premier long format de lavenir.net

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Je me souviendrai longtemps de ce vendredi 10 janvier. Il est aux environs de 14h et j’échange des mails avec Cédric Dussart, un des 4 webmasters de lavenir.net. Cédric termine les dernières lignes de code du premier "long format" du journal. C’est le portrait d’un participant du Dakar qui en est à sa 11e édition, Eric Palante. Lorsqu’il me dit que de son côté, le projet peut être mis en ligne, c’est l’explosion de joie. Ce projet trotte dans ma tête depuis de longs mois, j’ai un peu embêté mes collègues avec ça ("ben Arnaud, pourquoi tu veux absolument faire un article en sport ?") et cette fois, on y est.

Mais la joie sera de courte durée. Quelques minutes plus tard, ma responsable, qui est juste à côté de moi, reçoit un coup de fil. Elle blêmit et me tend le premier Post-It sur lequel elle a mis la main. Dessus, un lacunaire "Eric Palante est décédé".  Un choc : j’avais longuement rencontré Eric Palante avant son départ et je me réjouissais de le revoir après son Dakar, c’était vraiment quelqu’un d’attachant. D’un point de vue froidement professionnel, je me suis demandé ce qu’on allait faire avec ce projet. Quelques minutes plus tard, le responsable de la rédaction web me proposait que ce long format devienne une page hommage.

Cette idée d’un long format sur Eric Palante remonte à juin. Lors d’une formation AJPRO, Nicolas Kayser-Bril m’avait fait découvrir scrollkit, un programme qui permet de faire des parallaxes (wiki : Le défilement parallaxe (parallax scrolling en anglais) est le déplacement d’un calque de décors dans un jeu vidéo en deux dimensions ).  Je trouvais assez fascinante l’histoire de ce motard faisant le Dakar sans assistance et j’avais été marqué par le reportage de France TV lors de son abandon en 2012.

Préparer en amont

Fin novembre, j’avais pris contact avec Eric Palante. Je lui avais expliqué vouloir faire un article sur l’homme (et pas tellement sur le concurrent dans la course) avec une déclinaison web particulière. Je lui avais demandé de préparer sa caisse à souvenirs.  Idéalement, j’avais voulu être accompagné par un cameraman mais cela n’avait pas pu se faire.

L’inspiration vient clairement des production de l’ Equipe Explore. Difficile de ne pas saliver devant ces projets. Mais j’aurais voulu savoir comment la rédaction monte ces productions, comment elle choisit les angles, les supports multimédias… Erwann Gaucher en avait bien touché un (long) mot dans un post en juin 2013 mais je suis un peu resté sur ma faim. J’ai donc tenté de décortiquer les productions de l’Equipe Explore pour essayer de bien saisir les fils narratifs.

Pour la production, j’ai rencontré Cédric Dussart, le webmaster, le mardi 7 au matin . On a commencé par se replonger dans les Equipe Explore. Voir les "trucs" qu’on pourrait le mieux utiliser à notre niveau (on est donc que 2 à bosser sur ce projet). J’avais débuté un scrollkit mais j’avais un problème d’affichage:

scrollkit probleme

Une production maison

Je pensais qu’on allait partir là-dessus mais Cédric a préféré partir sur un projet "100% maison" avec une programmation qu’il avait déjà un peu utilisée dans le passé. "J’ai utilisé la lib scrollorama (http://johnpolacek.github.io/scrollorama/).  La doc est assez succincte mais elle est relativement facile d’utilisation", expliquait-il à Davanac dans Journalistes qui tâtent un peu des outils modernes.

Le projet a été découpé en différentes scènes (pas trop). Pour cela, le travail avait déjà été en partie réalisé pour la double page print (l’idée est toujours d’optimaliser le travail vu les contraintes budgétaires). Il fallait aussi choisir des habillages (inserts, placement des photos…).  J’ai fait un plan à Cédric avec les textes et photos annotées. L’intérêt est de pouvoir travailler à distance et surtout, Cédric peut intercaler ça dans son travail au quotidien (faut faire avec les moyens du bord).

Au final, ce premier long format a touché une très large audience (malheureusement expliquée par le drame). Mais nous avons eu la satisfaction professionnelle d’avoir été repris en hyperlien sur l’article de lequipe.fr qui évoquait la mort d’Eric Palante.

Sur twitter, nous avons aussi lu 2 tweets qui nous ont fait particulièrement plaisir:

equipe explore

Equipe (1)

Ce premier long format a en tout cas convaincu la rédaction en chef : quelques jours après la mise en ligne de "Palante, le dernier baroudeur…", Cédric planchait sur un nouveau projet. Il sera plus visuel et, cerise sur le gâteau, il sera en plein écran (ce que nous n’avions pas pu faire).

On the road

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2014 sera une année un peu particulière pour moi puisque le rédacteur en chef de l’Avenir m’a proposé de coacher la petite dizaine de rédaction que compte le groupe. Nom de code "accélérateur web". L’idée ? Venir présenter un panel d’outils faciles à mettre en place dans un travail quotidien (ou dans des délais courts) pour enrichir les articles web.

Dans un secteur en crise (où chaque denier est compté), je trouve que détacher un journaliste pour qu’il forme ses collègues, et donc qu’il ne produise plus (ou pas beaucoup), est assez encourageant. Cette volonté d’enrichir les articles web s’inscrit dans le passage au payant (en fait soft-wall ou metered wall) et j’y reviendrai dans un prochain post.

Concrètement,  je passerai une semaine dans chaque rédaction pour expliquer les outils et surtout les mettre en application. L’occasion de tenter de reproduire (et d’améliorer) des projets entrepris au sein de ma rédaction locale (et qui ont fait l’objet de posts précédents).

A côté de cela, je vais aussi intervenir dans des écoles de journalisme et je donnerai une formation dans le cadre du programme de formation lancé par l’AJP (association professionnelle des journalistes).
Fin janvier, j’interviendrai ainsi face aux étudiants en journalisme de la Haute Ecole de la Province de Liège. Et en février, je passerai à la Master Class de Damien Van Achter. A chaque fois, l’idée est d’expliquer mon travail en datajournalisme et enrichissement web.
En avril, je serai à la Maison de la presse de Liège pour la formation "Visualisation des données au niveau local : l’exemple des élections"

Voilà donc une année qui promet d’être chargée en projets variés, en rencontres… et en kilomètres (même si la Belgique est petite).

Tout est parti d’une journée à la campagne

Et si lavenir s’est lancé dans cet ambitieux projet rédactionnel, c’est grâce à Damien Van Achter (décidément partout) : en janvier 2012, dans son repère à la campagne, il avait lancé une "Master Class pour les journalistes belges sur les datas européennes". Une matière complètement inconnue pour moi à cette époque.

Mais cette journée m’a permis de rencontrer et de discuter avec  Marie Coussin, Nicolas Kayser-Bril (à ce moment-là, je ne connaissais pas encore le fait d’arme de Nicolas avec wikileaks) et Joël Matriche. Trois personnes qui m’ont donné envie de fouiller les datas. Et surtout, trois personnes qui  sont encore aujourd’hui d’une aide précieuse et surtout une excellente source d’inspiration. Sans oublier Jean Abbiateci dont le blog est ma bible (si si).

Crédit photo : State Library and Archives of Florida

Dommages de guerre : premier bilan après 4 mois de fonctionnement

carte dommages de guerre

La série print a été lancée le vendredi 7 juin. Au même moment, j’ai commencé à alimenter la carte interactive reprise sur la page web spécialement créée pour le projet.. Premier petit bilan après 4 mois d’expérience.

Audience  web : ce n’est pas le genre de projet qui fait le buzz. Je reste cependant sur ma faim. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette faible audience : la page n’est pas mise en valeur sur la home page du site du journal, une newsletter dédicacée n’est partie qu’après 3 semaines et peut-être que le lancement (en juin) n’est pas la meilleure date, en tout cas pour ce genre de sujet. Ceci dit, dans mon esprit, ce projet doit s’inscrire dans le long terme, devenir une page de référence (pour des étudiants, associations…). Ce n’est en tout cas qu’après 5 mois qu’on sait y voir plus clair sur le planning en print : en faisant la moyenne, on table sur une année de publications.

Apport des lecteurs : voilà la satisfaction actuelle. Depuis le lancement de la série print, plusieurs personnes nous ont apporté des documents. C’est d’ailleurs souvent le vendredi (jour de publication) que la rédaction reçoit un coup de fil ou qu’une personne vient avec des photos. Rapidement, j’ai pu alimenter les pages de la série avec des documents privés. C’est un réel apport. Il s’agit souvent de quelques moments de vie, chargés d’émotions et riches en anecdotes. Je n’avais encore jamais connu un tel intérêt de la part des lecteurs. Des lecteurs qui demandent même parfois quand leurs documents seront publiés pour être sûr de ne pas rater le journal ce jour-là. Cet apport des lecteurs s’est surtout manifesté dans des "bastions" du journal papier.
Plus globalement, on sent que la série est particulièrement suivie : des lecteurs n’hésitent pas à nous faire part d’erreurs ou demandent d’où viennent les infos. En presque 10 ans de maison, je ne me souviens pas avoir connu cela (sans vouloir jeter des fleurs à Dommages de guerre).
Le plus beau des compliments vient d’un passionné de la seconde guerre mondiale sur la région. Un auteur rigoureux qui n’hésite pas à aller consulter des documents dans des bibliothèques américaines. Un jour, il sonne à la rédaction : il ne comprend pas pourquoi on ne l’a pas contacté. Je lui explique la démarche : aller chercher des doc peu connus (et donc qui n’auraient pas déjà été publiés). Il me dit comprendre et termine la conversation en me disant que grâce à  notre série, il a découvert une photo de sa ville. Sympa.

dommages de guerre print 5 mois

Quantité de travail : probablement un classique : la charge de travail est bien plus importante que prévue. Lors des premières semaines, j’ai même eu quelques sueurs froides "dans quoi est-ce que je me suis engagé?"
Nous travaillons à deux sur ce projet. Cela nous permet d’alterner les visites aux archives (il faut évidemment continuer à suivre l’actu et ses dossiers pour le journal) et l’écriture des pages (on évite ainsi une lassitude devant des faits semblables rencontrés dans plusieurs communes). A côté de la consultation des dossiers et de l’écriture, il faut aussi mettre la carte à jour sur la page web. Pas de chance, dès la deuxième semaine, je ne savais plus manipuler la page (créée par la société Esri) depuis mon ordi à la rédaction. Je n’ai que deux possibilités : soit avec le PC portable de la rédaction (confort pas top) soit avec mon ordi perso. Je n’ai d’ailleurs pas su lier tous les articles déjà publiés avec les documents trouvés aux archives et qui ont permis d’écrire cette série.

Gestion du crowdsourcing et page FB : c’est sûrement ma plus grand déception (personnelle). Le reste du boulot demandant déjà énormément de temps, je n’ai pas su pleinement profiter des appels de lecteurs. Je suis frustré (d’être peut-être passé à côté de documents) et un peu gêné (par rapport aux personnes qui ont fait la démarche de nous contacter.
Par rapport à la page facebook, mon animation est clairement défaillante. Pour les mêmes raisons. Mais j’essaie d’y remédier depuis quelques jours.

Ce qu’on pourrait faire : l’appel aux lecteurs, crowdsourcing, aurait pu être lancé plus tôt afin de travailler sur les documents au préalable. La question est de savoir si les gens auraient embrayé sans voir la série, et donc sans savoir dans quoi ils "s’embarquaient". Avec l’expérience des différentes pages web spéciales lancées depuis lors, je suis aussi plus à l’aise avec les manipulations, ce qui m’auraient peut-être fait gagner du temps au début.
Depuis une semaine, je dispose aussi d’un visuel que je place dans le bas des articles web et qui renvoie vers la page Dommages de guerre.

Cernée par les radars automatiques

Outil : googlemaps
Source : les commissariats locaux
Découvrez l’article : en cliquant ici

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En août 2013, une zone de police locale a annoncé qu’elle allait installer 10 boîtiers fixes pour y installer des radars automatiques. Cette augmentation double le nombre de localisations. Elle place surtout cette zone de police bien au-delà de ce qui se fait dans les zones voisines, certaines se contentant d’un ou trois pylônes.

Après une première annonce en août, j’ai proposé à la rédaction de revenir sur le sujet mais en anglant « quelle est la politique des radars fixes pour votre zone ? » et ce en élargissant à l’ensemble de la région couverte par l’Avenir Huy-Waremme. Et dans la même idée : je voulais dresser la carte de tous les emplacements radars de la région.

Nous avons travaillé à plusieurs sur ce sujet. La première étape a donc été de dresser une liste commune de questions afin de pouvoir comparer. Parmi les questions, j’ai demandé que les commissariats nous indiquent le plus précisément possible les emplacements.

En print, le sujet a été développé sur une double page. Cela a permis de découvrir que ce n’est pas le nombre de boîtiers qui fait l’efficacité.

Idéalement, j’aurais voulu développer la carte web avant publication pour m’en servir comme teaser (on peut rêver ;-) ). Faute de temps, j’ai dû reporter cet aspect à une semaine plus tard.

Des kilomètres avec street view

Ne disposant pas de localisation exacte pour tous (« le radar se trouve devant le magasin machin-chose »), je ne pouvais pas utiliser google fusion. Je m’y attendais un peu. Je me suis « rabattu » sur googlemaps. L’occasion de l’utiliser dans sa nouvelle version. Mais le placement des radars m’a pris énormément de temps : à chaque fois, je vérifiais les endroits avec google street view. Pour certains, les informations étaient si peu précises que j’ai dû parcourir es kilomètres avec street view.

Sans surprise, lorsque la carte a été mise en ligne, elle a rapidement été partagée sur facebook. Au bas de l’article, j’avais fait un hyperlien renvoyant vers l’article de fond publié la semaine précédente.

Perso, je ne suis pas convaincu par le visuel. Mais je n’ai peut-être pas fait les meilleurs choix sur googlemaps. Par contre, je suis convaincu qu’il y a un réel apport avec ce travail : on a cartographié des données qui n’existaient que sous différentes formes et qui n’avaient été mises ensemble. Cela offre une meilleure vision des politiques entreprises en la matière.

Guide du datajournalisme : Nicolas Kayser-Bril explique sa démarche

ImageLe 22 août sort le "Guide du datajournalisme", soit la version francophone du "Data Journalism Handbook", un ouvrage de référence sur le datajournalisme.

C’est Nicolas Kayser-Bril qui a dirigé cette version francophone. Je suis revenu avec lui sur ce projet.

D’où vient l’idée de la version francophone du Guide du datajournalisme ?

C’est en réalité Benjamin Gans, qui s’est entre temps retiré du projet, qui a convaincu Eyrolles de commencer ce chantier.

Etait-ce important d’être la déclinaison francophone du “Data Journalism  Handbook…” ?

Oui. Le Handbook s’est imposé dès sa sortie comme une référence internationale. Il existe des livres originaux écrits par des francophones sur le sujet, notamment celui d’Alain Joannès, mais ils n’ont pas eu le même impact.

Pour bénéficier de cette appellation, avais-tu un canevas précis à respecter ?
Nous avons discuté avec les auteurs et éditeurs du Handbook sur la méthode et le résultat final, mais la licence est très permissive — plutôt qu’un canevas à respecter, je dirais qu’il s’agit plutôt de coordoner les efforts pour maximiser l’impact.

La partie anglophone a-t-elle bénéficié de mises à jour (par rapport à la version originale) ?

Pas à ma connaissance. C’est aussi l’une des spécificités de la version francophone: En publiant les textes sur GitHub, une plateforme de partage de code, nous espérons maintenir le Guide à jour.

Toi qui côtoie de nombreux datajournalistes, as-tu voulu mettre des questionnements/ des techniques en avant dans ce livre ?

Nous avons mis plus en avant les côté pratiques dans la douzaine d’ajouts originaux à la version francophone. Maintenant, le Guide a surtout vocation à mettre en avant le data-journalisme auprès des autres professionels de l’information et à leur donner une porte d’entrée. Pour les tutoriels, je crois savoir qu’une traduction du livre de Paul Bradshaw sur le scraping est en cours. Des ressources comme Le Site du Zéro sont quant à elles incontournables pour qui cherche des tutoriels pour apprendre à développer.

Comment as-tu fait pour articuler les interventions qui jalonnent ce livre ?

J’ai essayé de prendre des exemples représentatifs des pratiques actuelles, depuis des journalistes indépendants qui "s’y sont mis" jusqu’aux plus grosses rédactions, en passant par des développeurs qui sont venus vers le journalisme. De la même manière, les projets vont des grosses opérations plannifiées sur plusieurs mois aux expériences menées presque par hasard par des stagiaires.

As-tu relevé des différences entre les journalistes anglophones et francophones ?

Certaines rédactions britanniques et surtout américaines sont indubitablement en avance, et leur avance s’est accelérée ces dernières années. Les personnes embauchées et les méthodes d’organisation y sont telles que ces médias peuvent publier des produits très rapidement et efficacement. Cela dit, au niveau des journalistes, les différences entre pays sont beaucoup moins marquées: les problèmes sont les mêmes des deux côtés de l’Atlantique.

As-tu découvert des choses en réalisant ce livre ?

Oui. En reprenant certains projets de A à Z, les contributeurs ont mis en lumières des évènements ou des mécaniques que je n’avais pas saisi. Cela étant, l’objectif du guide est de rendre le journalisme de données accessible et compréhensible à un plus large public. Les experts pourront y puiser de l’inspiration dans la vingtaine d’études de cas, mais la cible reste les journalistes et autres professionnels de l’info.

Ce genre d’ouvrage peut-il aider au développement du datajournalisme ?

Oui. La version en anglais du Handbook a donné une vraie légitimité à la discipline, en rendant palpable toute la communauté des datajournalistes. J’espère qu’il va en être de même dans l’espace francophone, et que l’on va passer à des débats plus intéressants que "le datajournalisme, c’est une mode", "le datajournalisme, ce sont des infographies animées" etc.

N’aurait-il pas été intéressant d’inclure ton enquête sur la “rentabilité” du datajournalisme ?

L’article de Mirko Lorenz parle de rentabilité ("Modèles économiques du datajournalisme"). C’est vrai que l’on pourrait le mettre à jour. N’hésite pas à le faire sur http://github.com/jplusplus/guide-du-datajournalisme :-) (ndlr: attention, ce lien ne sera effectif qu’à partir du 21 au soir)

–> Le Guide du datajournalisme est en vente ici : http://www.amazon.fr/Guide-datajournalisme-collecter-analyser-visualiserles/dp/2212136854


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Trop peu de médecins : des datas contre une idée préconçue

Outil : google fusion tables & datawarapper
Source: l’INAMI (institut national d’assurance maladie-invalidité)
Découvrez la page : en cliquant ici

Médecins généralistes

Ce sujet est parti d’une affirmation souvent entendue : il n’y a pas assez de médecins généralistes. La situation est telle que les systèmes de garde sont réorganisés.

Ma première démarche a donc été de demander les chiffres des médecins en ordre de pratiquer depuis ces 10 dernières années sur la zone de couverture du journal. Surprise : c’est grosso-modo, un statut-quo. Pas de chute dramatique en vue. Et même en mettant ces chiffres en rapport avec l’évolution de la population, il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre-mesure.

Avec ces chiffres, je suis retourné sur le terrain, m’étonnant de la différence entre l’image véhiculée par certains médecins et  la réalité chiffrée. On m’a alors mis sur une nouvelle piste : le problème est la moyenne d’âge. "S’ils prennent tous leur retraite dans quelques années, ça va être très difficile pour ceux qui restent."

Retour vers l’INAMI à qui j’ai demandé les moyennes d’âges. Cette fois, les chiffres sont beaucoup plus parlants : on voit réellement un écart qui se creuse entre les médecins plus âgés et les plus jeunes.

A côté de ces chiffres, nous avons réalisé une série de portraits de médecins généralistes. Nous sommes aussi revenus sur la nouvelle organisation des services de garde qui (heureuse coïncidence) vient justement de s’étendre à l’ensemble de la région. Enfin, nous avons contacté la faculté de médecine de l’université de Liège afin de voir quel était le rapport des étudiants avec la médecine généraliste.

A partir de chiffres et d’aller-retour avec le terrain, nous avons décliné ce sujet en 3 pages dans le journal.

Une meilleure ergonomie

Sur le web, j’ai voulu profiter des différentes entrées offertes avec les chiffres pour mettre l’accent sur l’ergonomie de la page. Il y a quelques mois, Cédric Motte m’avait fait remarquer que mes dataviz perdaient de leur force/lisibilité dans la configuration standard du site de lavenir : 3 col pour textes/photos et 2 col pour les pub/espace FB… J’ai donc suivi ses conseils.

Pour ce sujet, j’ai utilisé une possibilité offerte : la pleine page. Sans entrer dans les détails techniques (que je ne maîtrise pas totalement), la pleine page ("extra page") permet de mieux mettre les contenus (liés à un même sujet) en évidence; Mais cela implique un coup de main du webmaster (ce qui renvoie toujours au problème de disponibilité d’un service très demandé).

L’avantage est également que cette page pourra être complétée dans les prochains mois.

Petit désavantage : cette page n’apparaît pas en tant que telle sur la home page du site, il faut donc créer un article qui permettra de rediriger le visiteur vers la page en question.

Des données publiques disponibles

Je dois avouer que mon travail sur les chiffres a été grandement facilité par la personne s’occupant de la communication à l’INAMI. J’ai rapidement eu une réponse à ma première demande et ensuite, elle me donnait des estimations de temps pour obtenir telle ou telle donnée. Des chiffres communiqués ensuite en tableur. Cela me change de l’expérience avec un organisme public qui s’occupe de la gestion des déchets.


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Un vrai projet bi-média d’envergure à partir d’archives oubliées

Dommages de guerre printLe vendredi 7 juin, la rédaction de l’Avenir Huy-Waremme a lancé une nouvelle série : "Dommages de guerre". Derrière cette série, le premier vrai projet bi-média de la rédaction. A titre personnel, c’est le projet le plus important que j’ai conçu.

Tout est parti de l’article d’un collègue : fin 2012, les Archives générales du royaume organisaient une exposition sur des archives presque perdues : les dommages de guerre. Il s’agit de dossiers rentrés à la suite de la seconde guerre mondiale par des victimes du conflit. Ce qui m’a immédiatement intéressé : ces dossiers sont des témoignages (histoires manuscrites, photos, plans…) de première main, l’occasion de redécouvrir la vie dans les villes et villages. Ces archives sont d’autant plus passionnantes qu’elles étaient un peu perdues dans un entrepôt dont plus grand monde ne connaissait l’existence.

Mon idée est alors de m’inspirer de Mémoires d’Algérie mené par OWNI et journal algérien El Watan : le lecteur pourrait découvrir les archives via une carte de la région.

ArchivesLa première étape fut de me rendre au dépôt des Archives afin de voir (et comprendre) quelle est la "matière première" et voir si le projet peut être mené. Les dossiers sont classés par villages et, pour les villes importantes, même par rue. Il faut d’abord consulter les fiches de recherche. On y trouve le nom du demandeur, l’adresse et le montant.

Afin d’éviter d’être noyé dans les données, un archiviste nous a conseillé de filtrer les demandes en fonction des demandes. Une idée qui a un double avantage : gagner du temps en compulsant les fiches et augmenter ses chances d’avoir une histoire bien documentée au final.

Mettre en place une méthode

Il a fallu s’organiser : chaque fiche retenue était encodée dans un tableur avec quelques infos (chaque entrée dispose de son propre code pour notre travail). Pour donner une idée de l’ampleur du travail : à ce jour, j’arrive à peine à la moité des communes et villes couvertes par la rédaction mais je suis déjà à 1000 entrées.

Je demande ensuite à consulter les dossiers retenus en salle de lecture (l’avantage d’avoir encoder dans un tableur permet aussi aux archivistes de gagner du temps dans leurs recherches pour les dossiers).

A chaque fois, lorsque j’ouvre un dossier, j’ai cette petite excitation : quelle histoire vais-je découvrir ? quels documents aurais-je pour l’illustrer  ? Mais la pêche n’est pas toujours bonne, je dirais qu’un dossier sur trois consultés peut nous apporter une histoire à raconter. Dans ce cas, je prends en photo les documents les plus intéressants.

Pour une raison d’organisation, je vais seul ou accompagné d’une collègue une journée par semaine aux archives. On tente ainsi de réduire les temps perdus en déplacements.

Une fois à la rédaction, il faut alors décharger les photos en prenant soin de garder la référence du tableur. On peut enfin se mettre à l’écriture.

Soigner la mise en page print

Pour l’aspect print, j’ai demandé un coup de main à deux graphistes travaillant au siège central. L’un a conçu un bandeau thématique ainsi que des appels aux lecteurs (je développe ce point un peu plus loin), l’autre s’est occupée de la mise en page. Une bibliothèque (double page – simple page) a été créée en fonction des besoins.

La mise en page de la série sort réellement du lot. Je pense que c’était important d’avoir ce soin, même toutes les séries ne peuvent en bénéficier. Ici, on part sur du long terme (plusieurs mois à raison d’une publication par semaine). Mais une inconnue persiste : est-ce qu’on aura à chaque fois des documents pour illustrer les histoires ?

Du crowdsourcing

promo dommages de guerre 2

C’est Nicolas Kayser-Bril qui m’a apporté une possible solution : pourquoi ne pas faire appel aux archives personnels des lecteurs ? Voilà donc le projet qui s’enrichit d’une partie crowdsourcing.  Pour lancer la machine, j’ai créé une page FB spécifique. L’idée : partager nos découvertes aux archives pratiquement en direct avec les internautes. Une façon de leur donner envie d’embarquer dans le projet, de créer une communauté et de nous aider avec leurs documents. J’ai hésité à compléter avec Pinterest (mais en discutant avec Cyrille Franck, j’ai abandonné l’idée).

Idéalement, comme me le conseillait Cédric Motte, il aurait déjà fallu avoir un mini-site/page web opérationnelle au moment du lancement de la page FB. Mais je reviendrais sur ce point un peu plus tard.
L’appel aux lecteurs a également été fait via des annonces dans l’Avenir Huy-Waremme mais aussi (un peu plus tard) dans le toutes-boîtes qui fait partie du groupe.

Par cette façon de procéder, on tente d’inverser un phénomène souvent observé : tu sors un papier (généralement historique) et les gens se manifestent ensuite pour dire qu’ils ont des infos.

C’est la première fois que la rédaction mène un crowdsourcing. Le pari est loin d’être gagné : la zone couverte est majoritairement rurale avec peu d’interaction sur le web (on a déjà pu s’en rendre compte via notre page facebook) et je pars aussi dans l’inconnue (comment susciter et gérer les possibles apports des lecteurs?).

Les premiers résultats ont été assez décevant : alors que la page FB était lancée et que les annonces étaient régulièrement publiées dans nos pages, on ne peut pas dire qu’on croulait sous les demandes. Tout juste, remarquait-on un intérêt. Le suspens était donc entier avant le lancement de la série.

Deux médias complémentaires

Dommages de guerre webMais la réelle nouveauté (et l’intérêt) de "Dommages de guerre" est de jouer à fond la carte de la complémentarité print-web. Je dis aux lecteurs : grâce aux archives, je peux vous raconter des histoires mais si vous voulez en savoir plus et découvrir toutes les archives, venez les découvrir sur notre site web."

Ici aussi, j’ai voulu soigner l’apparence et la convivialité. Dès le départ, je voulais replacer sur les dossiers sur une carte. C’est relativement facile vu que les dossiers ont une adresse (bon, parfois les rues ont changé de nom) et puis ça peut donner aux visiteurs d’aller fouiner à gauche ou à droite. Je trouvais aussi intéressant d’avoir des curseurs pour les recherches en fonction des auteurs des dommages.

Pour cette partie, j’ai bossé avec la cellule des webmasters. Pour moi qui suis habitué à mener mes projets dans mon coin, en totale indépendance, ce fut une découverte. Il faut parfois prendre son mal en patience et s’insérer dans des plannings.

Dans un premier temps, on avait envisagé de mener entièrement le projet en interne.

Puis le hasard a fait que le coordinateur web a été contacté par Esri, une société active dans la cartographie. "Dommages de guerre" a été retenu comme projet pilote afin de voir comment on pourrait travailler ensemble.

Dommages de guerre web esri

C’est aussi un webmaster/infographiste, Cédric Dussart, qui s’est chargé de la mise en page. On a aussi intégré un appel pour les témoignages directement depuis cette page.

Dans un prochain post, je dresserai un premier bilan de ce projet (audience, retour lecteurs, quantité de travail…)

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