Comment fut monté le plus important projet web inter-rédactions de lavenir.net

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Comme la plupart des titres de presse, L’Avenir n’a pas voulu manquer le coche du 100e anniversaire du début de la 1ère guerre mondiale.  La première réunion remonte à mi-2013. Il a fallu ajouter des chaises dans la salle de réunion pour que tous ceux intéressés par le projet puissent s’asseoir. Autour de la table, des représentants de pratiquement toutes les rédactions locales, du web et de la rédaction en chef. Chacun avec sa liste d’idées, de propositions. L’enthousiasme est là mais aucun fil rouge ne se détache.

Un an plus tard, le projet en est à peu près au même stade lorsque Olivier Deheneffe me demande de m’occuper du projet après avoir fait le tour des rédactions. A la base, on part sur un webdoc alimenté par toutes les rédactions locales (qui est quand même la force de l’Avenir). Par région, on souhaite avoir un témoin (souvent, les ecclésiastiques relataient les faits) et par commune, on compte avoir des photos d’époque.

Changement de cap

Avec Olivier Deheneffe et Olivier Evrard, webmaster, on planche sur la structure du webdoc. On part notamment sur une carte de la Région wallonne où les visiteurs pourront cliquer sur les communes pour obtenir des photos. Les témoignages seront également accompagnés par la timeline verticale faite maison.

Mais en contactant les différentes rédactions locales, je sens vite que l’idée, de réunir des photos anciennes par commune, bat de l’aile. A mois d’un moins des élections fédérales, régionales et européennes, les rédactions n’ont pas la tête à ça, ni les équipes pour bosser sur 14-18. Je crains de me retrouver avec des zones de la carte très couvertes et d’autres désespérément vides. Visuellement, ça risque de faire tache.

C’est en voyant passer des photos « avant/après » de Londres en 1945 que je fais évoluer le webdoc. Lors de mon tour de formation des rédactions, j’avais eu l’occasion de découvrir justement une photos « avant-après » bidouillée par Stéphane Dirick, un journaliste de la rédaction de Tournai. A Huy, Jean-Louis Tasiaux, un autre journaliste, avait aussi fait un test dans son coin. Deux exemples qui prouvaient que de tels montages étaient possibles, que la matière première était là. Mais il fallait dépasser le stade de bricolage et jamais encore, L’Avenir n’avait produit ce genre de photomontages.
Le premier test a été réalisé avec la rédaction namuroise. C’est elle qui disposait des plus nombreux clichés anciens et qui avait un photographe salarié. C’était aussi plus facile pour moi puisque cette rédaction locale est basée au siège central où je me trouvais à ce moment-là.

Après quelques essais de cadrage, j’ai fait les tests de montages avec un infographiste. Couchée comme cela sur papier, le travail paraît simple mais il faut bien se rendre que tous les services fonctionnent à flux tendus. En d’autres termes, pas question de faire des tests à rallonge, cela peut avoir des influences sur le planning. Lors de cette phase, j’ai heureusement pu compter sur beaucoup de bonnes volontés et sur une motivation probablement due à ce nouveau « challenge » de photomontages.

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Miser sur la viralité

Pour avoir suivi la plupart des webdocs maison lancés depuis le début 2014, je m’étais bien rendu compte que le seul format « webdoc » ne déplace pas spécialement les foules. Il a souvent manqué un angle fort afin de booster les visites. Pour ce projet 14-18, je comptais beaucoup sur les « avant-après » pour la viralité.

La couverture de la campagne électorale a peine repliée, il fallait donc solliciter les équipes pour ce projet commun. Cela a donné quelques sueurs à Adeline Nonet qui a chapeauté le projet dans la dernière ligne droite. En plein mois de juillet, il a fallu jongler avec des équipes déforcées et des personnes, logiquement, en vacances.

Je pense que malgré les très nombreux passages de relais, ce webdoc a su garder son unité. Perso, je suis assez satisfait du rendu et cela me conforte dans l’intérêt de monter des projets web trans-rédaction. Découvrez le weddoc en cliquant sur ce lien

Globalement, en terme d’audience, le projet a bien marché. Ce ne fut pas le top espéré mais il ne faut pas oublier que ce webdoc a été mis en ligne début août, soit en pleine période de vacances.

Par rapport à la viralité, je pense qu’on était dans le bon puisque, à titre perso, ce fut un de mes tweets les plus partagés. Du côté de Tournai, Stéphane Diricq m’a aussi fit qu’il avait vu pas mal de nos photomontages partagés sur les réseaux sociaux.
A ce sujet, je pense qu’on aurait pu mieux présenter le webdoc sur les résaux sociaux. Une attention avait été portée par les rédactions locales gérant une page facebook puisqu’elles avaient posté des photomontages pour renvoyer vers le webdoc. Mais on aurait aussi dû faire un effort de présentation pour la page FB et le compte twitter « générique ». On aurait aussi dû prévoir des visuels print déclinés par région pour les différentes

Autre regret : vu le manque de temps de temps, on n’a pas pu intégrer la « production » de la rédaction nationale. D’autant plus dommage qu’un supplément print, très bien foutu, a été publié.

Au rayon satisfaction, une expo avec les photomontages va être organisée à Namur dans les semaines à venir. Une belle façon de prolonger ce webdoc.

blog 1418 thierry

Du datajournalisme « serviciel » avec des plaines de jeux

Borlez-plaine carte

C’est en constatant le bonheur de ma fille sur une plaine de jeux (alors qu’on venait de se taper 800 bornes pour les vacances) que je me suis dit qu’il y avait peut-être là une idée à creuser: finalement, les plaines de jeux, c’est comme les crèmeries, on ne change pas souvent. Pourtant, des plaines accessibles gratuitement, il y a en près de chez vous.

J’avais envie de proposer une approche très pratique, très « servicielle », comme le définit si bien Damien Van Achter : que les parents, grands-parents, parrains, super taties… puissent facilement sélectionner une plaine.

Pour faire ça, il a fallu récolter les infos auprès des 31 communes de l’arrondissement couvert par le journal. Ce fut loin d’être aussi facile qu’imaginé : nous avons soumis à chaque commune un questionnaire identique, pour avoir des points de comparaison. Mais on s’est vite rendu compte que les plaines n’étaient pas une priorité pour les administrations (la question paraissant même saugrenue), il a donc fallu faire des relances et/ou contacter les bourgmestres (maires).
Pour gérer cette collecte à plusieurs, j’avais réalisé un tableur sur google drive que mes collègues n’avaient plus qu’à compléter. Avec les absences dues aux vacances, j’avais aussi créer un tableur de suivi : qui fait quoi, où en est-on, quelles sont les communes à relancer… Une sorte de tableau de bord pour avoir rapidement une vue globale.

Débutée fin juin, la collecte n’a finalement été achevée que fin juillet. Pour la présentation web, je ne voulais pas me contenter d’une carte google fusion, je me suis inspiré du travail de Derek Eder, via les utilisations de Jean Abbiateci et de Joël Matriche. Mais pour cela, j’ai dû géolocaliser toutes les plaines. Les réponses des communes n’étant pas toujours très précises, j’ai dû régulièrement passer par street view pour découvrir l’endroit exact avant de prendre les coordonnées puis de les mettre dans mon tableur.
C’est clairement la partie la plus harassante (si quelqu’un a une autre solution, je suis preneur) et celle qui m’a pris le plus de temps, 6 bonnes heures. Contrairement à la première collecte qu’on savait menée de front avec les autres reportages, la géolocalisation m’a aussi bloqué sur ce projet.

 

J’ai ensuite refilé le bébé à Cédric Dussart, un des développeurs de l’Avenir et avec qui j’ai mené le projet Dommages de guerre ainsi que le premier long format de la boîte sur le motard Eric Palante. Prendre en main le programme et développer le projet lui a pris quelques heures. L’intérêt pour l’Avenir est que d’autres utilisations pourront être menées plus rapidement ultérieurement. Le seul petit soucis c’est qu’on avait pas vérifier si l’appli fonctionnait sur Apple… ce qui n’était pas le cas. Cela a été résolu par la suite mais j’espère qu’on n’aura pas perdu trop de monde en route.

Perso, le résultat rencontre assez bien mes attentes, il y a même plus de filtres qu’espérés.

 

Cédric me disait qu’on aurait pu ajouter des photos pour chaque plaine. Cela aurait effectivement été meilleur visuellement mais cela aurait considérablement alourdi le travail de collecte.
Je pense aussi que pour la prochaine collecte, je devrai encore mieux baliser les questions/réponses pour avoir un tableur plus uniforme. On aurait pu aussi ajouter un élément important : si les sites et les jeux sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Le résultat est à découvrir en cliquant sur ce lien

Un peu d’audio pour dynamiser mon papier

Fexhe CILE 3

Cela fait quelques mois que je suis avec attention le travail d’iReporter de Nicolas Becquet. Sur son blog, il reprend, dans les détails, le matériel nécessaire pour réellement optimaliser l’utilisation d’un smartphone ou d’une tablette ainsi que des exemples concrets.

Je trouve que Nicolas met le doigt sur une véritable lacune de nombreuses directions de journaux: ainsi, comme d’autres confrères, j’ai été équipé d’un iPhone il y a deux ans  et si certains annonçaient alors l’avènement du journaliste « Rémy Bricka », j’ai surtout l’impression qu’un manque criant de formation a été mis à jour.
Ok, on peut rapidement envoyer une photo ou une vidéo d’un faits divers, faire vivre un conseil communal (municipal) en direct mais pour enrichir réellement un article, j’ai surtout vu beaucoup de contre-exemples… qui en ont découragé plus d’un.

Début juin, Nicolas Becquet étant de passage à Liège pour une formation AJPRO, je n’ai pas raté l’occasion d’aller suivre ses conseils. Cerise sur le gâteau : Nicolas n’était pas venu les mains vides, ayant eu la bonne idée de prendre son matos (ou peut-être juste une partie). J’en ai profité pour faire une reportage avec un de ses micros : Irig Mic Cast. Mon idée ? Avant de me (re)lancer dans de la vidéo, bien maîtriser l’audio. Une réflexion née (et enrichie) par ma rencontre avec Marianne Rigaux (lors d’un trajet mémorable Paris-Bruxelles dans le Labdavanac) à propos des diaporamas sonores.

Mi-juillet, j’ai acheté l’Irig Cast et j’ai profité d’une descente dans une station de pompage d’eau potable pour tester l’engin. A défaut de pouvoir directement partir sur un diaporama sonore, j’ai préféré mêler du texte, des photos et de l’audio dans un même papier. Rien de vraiment neuf, me direz-vous. C’est tellement vrai mais je voulais surtout voir quelle quantité de travail supplémentaire cela impliquait. Et la réponse m’a convaincu : cela ne représente qu’une petite demi-heure supplémentaire.
Comme tous les reportages avec de l’enrichissement web, la clé est dans la préparation. Après un briefing des exploitants de la station, j’ai pu découpé le papier : 4 plans avec chaque fois une grande et bonne photo (j’avais la chance d’avoir un photographe avec moi) expliquée avec un passage audio. L’audio nécessite moins de manipulations que la vidéo, j’ai gagné du temps : toutes les prises étaient bonnes du premier coup. Par contre, comme je ne maîtrise pas encore bien soundcloud (ma 2e utilisation), j’ai perdu un enregistrement et c’est essentiellement lors de cette phase que j’ai pris plus de temps.

Globalement, je suis assez satisfait du résultat. L’apport de l’audio prenait tout son sens dans la galerie souterraine, je trouve. 

Quatre mois particulièrement chargés et enrichissants

Un début d’année 2014 bien rempli et qui s’est partagé entre formation pour mes collègues de l’Avenir ainsi que pour des confrères, intervention dans des écoles de journalisme, participation à des conférence, table ronde… Quatre mois chargés et surtout très intéressants, l’occasion de nombreux échanges, réflexions et d’un recul par rapport au journalisme web.

Pour résumer tout cela, une carte s’imposait. J’en ai donc profité pour découvrir mapbox.

Malheureusement, pas moyen de l’intégrer sur mon blog. J’ai donc dû légèrement bidouiller : en cliquant sur cette carte, vous arrivez sur la carte interactive.
carte

J’ai aussi repris mon interview pour Nicolas Becquet :

Dans les coulisses du Mystère de Grimouville

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Le Mystère de Grimouville, c’est la belle surprise du début du mois d’avril. Mes racines de journaliste localiste ont été titillées par cette histoire, hyper locale. Une histoire qui baigne dans une atmosphère qu’on retrouverait bien dans un Fred Vargas.
Non seulement ce webdoc est réussi mais en plus, les auteurs sont super disponibles. J’en ai donc profité pour interroger Romain Jeanticou (qui a réalisé le reportage avec Charles-Henry Groult)
 sur les coulisses de ce projet : comment ils ont bossé, quel a été l’apport du studio de création… Avec des réponses super complètes qui devraient en intéresser plus d’un.

- Les nombreux retours positifs vous étonnent-ils ? Et… avez-vous eu des critiques ?

Nous avions confiance en notre histoire, qui est la raison d’être du webdoc et son intérêt principal. Elle se résume en deux phrases, attise la curiosité et donne envie d’aller au bout. Lors de la collecte de crowdfunding et de la présentation au Figra, nous avions pu mesurer son efficacité.
Le vrai challenge était de la mettre en scène dans un webdocumentaire, l’articuler correctement, faire en sorte que l’interface la serve et que le spectateur soit immergé dans le mystère. Une de nos principales craintes était de laisser chez l’internaute une certaine frustration vis à vis de notre choix de fin. Sur ce point-là, nous sommes effectivement agréablement surpris de constater que la quasi-totalité des gens adhère au parti pris éditorial, certains nous félicitant même de nous être sortis avec succès d’un final « casse-gueule ». Ça nous fait particulièrement plaisir car c’était important pour nous.
De façon générale, nous sommes très touchés par l’accueil que reçoit notre projet depuis le départ, que ce soit à travers le soutien lors de la collecte ou le succès à sa diffusion.
Il y a certainement des critiques négatives mais peu nous ont été adressées directement ou postées en ligne donc nous en avons eu peu écho. Les principaux mauvais retours concernent l’accès au webdoc, qui est parfois chaotique selon les navigateurs. À part ça, quelques trolls sur Rue89 nous ont reproché de perdre du temps sur ce genre de sujet au lieu de nous occuper des « vrais problèmes ».Jeanticou Groult
-  Combien de temps cela vous a-t-il pris ? 
C’est assez difficile à quantifier précisément car nous sommes allés pour la première fois à Grimouville en novembre 2012 mais entre ce premier tournage de quelques jours et la sortie du webdoc la semaine dernière, nous avons dû travailler chacun de notre côté dans nos jobs respectifs. On les a finalement quittés à Noël, donc je dirais que mis bout à bout on a dû travailler quatre à cinq mois à plein temps au total sur Le Mystère de Grimouville.
- C’est un sujet très local, pourtant, ce sont des médias « nationaux » qui vous acheté le webdoc. Avez-vous été contactés par des titres de PQR ?
Oui, dès le départ, c’est-à-dire au moment du prix du Figra et de la collecte. Mais si Télérama et Rue89 sont diffuseurs, c’est bien France Bleu, par l’intermédiaire des Nouveaux Médias de Radio France, qui a acheté le projet. Notre principal partenaire est donc bien un média de région. Le webdoc reste ainsi bien ancré dans le local comme nous l’avons toujours voulu, mais profite de la visibilité de diffuseurs nationaux.
- Avec le seul apport du crowdfunding (3 542 €) a quoi aurait ressemblé « Le Mystère de Grimouville » ?
Seule l’interface aurait été différente, puisqu’elle représente quasiment la totalité de notre budget. Le résultat aurait été encore plus Do It Yourself j’imagine, moins beau, moins fonctionnel, moins soigné sur les finitions car à ce prix-là il est impossible d’avoir un résultat propre en termes de développement et de direction artistique. Le webdoc n’aurait pas été visionnable sur iPad, par ailleurs.
- Le cheminement dans le village était prévu dès le départ ? Ou aviez-vous une autre idée ?
Dessin 2Oui, c’était prévu depuis le départ, avant même de mettre un pied à Grimouville. Dès que nous avons décidé de traiter le sujet sous forme multimédia, ce choix d’interface s’est imposé de lui-même car il servait parfaitement l’histoire : quelque chose de simple, immersif, avec un début et une fin. Nous l’avions présenté aux internautes lors de notre collecte.
- Comment avez-vous procédé pour capter les images pour ce cheminement  ?
Nous avons fixé une GoPro sur le capot de notre voiture et traversé le village en marquant des arrêts aux endroits où nous avions choisi de placer les personnages. Lors du tournage, nous étions encore étudiants au Centre de formation des journalistes de Paris et nous avons utilisé le matériel de l’école. On a essayé de filmer la traversée au 5D avec Charles-Henry à cheval sur la fenêtre et moi au volant mais c’était mille fois moins stable que le résultat de la GoPro !
- Comment avez-vous trouvé le studio de création ?
C’est notre producteur/parrain/ami/porteur de bières Olivier Lambert (Lumento) qui nous les a présentés. La boîte s’appelle Créaktif, ils sont à Paris.
- Quel a été son apport sur ce projet (à part l’aspect technique) ?
Nous avions demandé à Axel Corjon, qui s’est occupé du projet chez Créaktif, de ne pas hésiter à nous soumettre ses suggestions ou ses remarques, c’était important pour nous d’avoir son regard autant comme développeur que comme graphiste ou directeur artistique. Il a apporté plusieurs idées que nous avons intégrées au résultat final et a donné une cohérence à l’ensemble.
- Une semaine après sa mise en ligne, auriez-vous envie de modifier quelque chose ?IMG_9741
On n’a jamais vraiment fini de travailler sur un projet pareil ! On aurait aimé un fonctionnement vidéo encore plus fluide, une image un peu plus léchée, aussi. Il y a toujours moyen de faire mieux, mais il faut aussi savoir dire « stop, on s’arrête là ». Nous sommes satisfaits du résultat final et très heureux d’avoir été au bout de notre projet.
- Connaissez-vous les chiffres de fréquentation ?
Nous n’aurons les chiffres totaux (France Bleu + Télérama + Rue89) qu’à la fin de la semaine mais ce que l’on sait déjà c’est que 35 000 visiteurs uniques se sont connectés le week-end de la sortie du webdoc pour le voir sur France Bleu et 50 000 en un seul jour sur Rue89. Ça fait super plaisir de voir autant de gens s’intéresser à un projet avec un aussi petit budget.
- Comptez-vous présenter votre webdoc à des festivals ?
Si nous en avons la possibilité, bien sûr. Nous le présenterons avec plaisir partout où l’on veut bien de nous.
- Dans une interview à Télérama, tu expliques que ce webdoc est arrivé par hasard et que vous n’y connaissiez rien en la matière. Aujourd’hui, ça vous donne envie d’en faire d’autres ?
Ça nous donne envie de travailler sur des projets originaux, innovants et multimédia. Nous avons réalisé Le Mystère de Grimouville sous forme de webdocumentaire car nous trouvions que c’était la forme qui convenait le mieux à l’histoire que nous voulions raconter. On garde à l’esprit, que ce soit avec notre média de reportage long format et multimédia Le Quatre Heures que nous lançons en tant que média pérenne à la rentrée (www.lequatreheures.com pour la version bêta) ou pour d’autres idées que nous avons en tête, que la forme doit servir le fond et que c’est le sujet qui doit imposer le format. Nous sommes journalistes et avons envie de raconter des histoires. Si on peut s’amuser et expérimenter un peu pour ce faire, c’est encore mieux.
- Sur kisskissbankbank, vous annoncez un iBook, un prolongement nécessaire, ou plutôt une idée pour obtenir du financement supplémentaire ?
Ni l’un ni l’autre, nous l’avions réalisé dans le cadre de notre formation au CFJ, il accompagnait la version écrite du Mystère de Grimouville, qui est le point de départ du webdoc. Au moment de décider des contreparties à proposer aux donateurs, nous avons pensé que comme il apportait une vraie valeur ajoutée et du contenu inédit, c’était un chouette bonus à offrir pour les possesseurs d’iPad. Pour nous, c’est aussi l’occasion de maîtriser un nouveau support multimédia et de s’initier à des plateformes du type de l’Apple Store.

Formation dataviz à Liège fin avril

maison de la pressePour le compte de l’AJPRO, je donne une formation « Visualisation des données ». J’y expliquerai « infogr.am » & (en fonction du temps disponible) « datawrapper« 

La visualisation de données, ou dataviz, est l’étape finale du datajournalisme, celle où la/le journaliste expose ses données d’une façon lisible et cohérente par rapport à son angle. Pour ce faire, il existe de très nombreux outils gratuits ou payants à disposition.

Ce vendredi 25 avril, à la Maison de la Presse de Liège, j’expliquerai « infogr.am », un programme gratuit utilisé par de très nombreuses rédactions web et qui offre une multitude de visibilités tout en permettant d’y insérer des photos, vidéos, textes… Dans le cadre de ma formation « data » aux différentes rédactions de L’Avenir, c’est un des programmes qui a le plus de succès.

En fin de séance, je présenterai datawrapper, un autre outil que j’utilise pratiquement au quotidien pour créer des graphiques interactifs.

Retrouvez toutes les infos pratiques en cliquant sur ce lien

(crédit photo : Benjamin Hermann)

1er mois de formation datajournalisme au sein des rédactions de lavenir (en gifs animés)

Voici un mois que j’ai enfilé le costume de « formateur-coach-accélérateur web » (au choix) avec ma précieuse trousse à outils web pour parcourir les différentes rédactions de l’Avenir

Quand j’explique pourquoi je suis présent, lors de la première réunion de rédaction de la semaine, j’ai souvent droit à ces regards

Le web étant encore perçu comme ça
gif film7

Certains (une très petite minorité) me regardant comme si pendant une semaine, la vie allait ressembler à ceci

Dès les prémisses du projet, j’avais en tout cas demandé à éviter le format « cours-scolaire ».

Je préfère nettement bosser avec chaque journaliste individuellement. Un choix conforté par ces 4 semaines : dans 9 cas sur 10, après avoir passé en revu les 6, 7 outils et surtout les exemples réalisés par des journalistes de la maison, l’ambiance ressemble à ceci

Sidonie Dumas et François Clerc à la soirée chiffres d’Intouchables

J’ai évidemment essayé de passer auprès de tout le monde… mais ce ne fut pas toujours gagné

Cannes. Chez Chanel ils veulent me faire payer mon smok ??!!

Sans oublier les petits soucis techniques

gif film24

(qui ont fait dire à un collègue pince-sans-rire « je me demande si on ne prend pas les choses à l’envers »)

Dans les prochaines semaines, je ferai un bilan détaillé (avec des exemples concrets) de ce projet. Mais après 4 semaines dans les rédactions (2 locales et la rédaction nationale), cette expérience a en tout cas répondu aux attentes de base : donner aux journalistes des outils facile à mettre en place pour enrichir des contenus web, voire pour réaliser des reportages à partir de données.

Lors des 2 semaines passées au sein de la rédaction nationale, les articles data ont non seulement alimenté l’espace abonnés  de lavenir.net mais ils ont aussi été mis en avant pour faire de l’audience (gratuit).

Et pour le clin d’oeil, voici les chiffres « off » de mon passage à la rédaction de Tournai

tournai

 

Le premier long format de lavenir.net

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Je me souviendrai longtemps de ce vendredi 10 janvier. Il est aux environs de 14h et j’échange des mails avec Cédric Dussart, un des 4 webmasters de lavenir.net. Cédric termine les dernières lignes de code du premier « long format » du journal. C’est le portrait d’un participant du Dakar qui en est à sa 11e édition, Eric Palante. Lorsqu’il me dit que de son côté, le projet peut être mis en ligne, c’est l’explosion de joie. Ce projet trotte dans ma tête depuis de longs mois, j’ai un peu embêté mes collègues avec ça (« ben Arnaud, pourquoi tu veux absolument faire un article en sport ? ») et cette fois, on y est.

Mais la joie sera de courte durée. Quelques minutes plus tard, ma responsable, qui est juste à côté de moi, reçoit un coup de fil. Elle blêmit et me tend le premier Post-It sur lequel elle a mis la main. Dessus, un lacunaire « Eric Palante est décédé ».  Un choc : j’avais longuement rencontré Eric Palante avant son départ et je me réjouissais de le revoir après son Dakar, c’était vraiment quelqu’un d’attachant. D’un point de vue froidement professionnel, je me suis demandé ce qu’on allait faire avec ce projet. Quelques minutes plus tard, le responsable de la rédaction web me proposait que ce long format devienne une page hommage.

Cette idée d’un long format sur Eric Palante remonte à juin. Lors d’une formation AJPRO, Nicolas Kayser-Bril m’avait fait découvrir scrollkit, un programme qui permet de faire des parallaxes (wiki : Le défilement parallaxe (parallax scrolling en anglais) est le déplacement d’un calque de décors dans un jeu vidéo en deux dimensions ).  Je trouvais assez fascinante l’histoire de ce motard faisant le Dakar sans assistance et j’avais été marqué par le reportage de France TV lors de son abandon en 2012.

Préparer en amont

Fin novembre, j’avais pris contact avec Eric Palante. Je lui avais expliqué vouloir faire un article sur l’homme (et pas tellement sur le concurrent dans la course) avec une déclinaison web particulière. Je lui avais demandé de préparer sa caisse à souvenirs.  Idéalement, j’avais voulu être accompagné par un cameraman mais cela n’avait pas pu se faire.

L’inspiration vient clairement des production de l’ Equipe Explore. Difficile de ne pas saliver devant ces projets. Mais j’aurais voulu savoir comment la rédaction monte ces productions, comment elle choisit les angles, les supports multimédias… Erwann Gaucher en avait bien touché un (long) mot dans un post en juin 2013 mais je suis un peu resté sur ma faim. J’ai donc tenté de décortiquer les productions de l’Equipe Explore pour essayer de bien saisir les fils narratifs.

Pour la production, j’ai rencontré Cédric Dussart, le webmaster, le mardi 7 au matin . On a commencé par se replonger dans les Equipe Explore. Voir les « trucs » qu’on pourrait le mieux utiliser à notre niveau (on est donc que 2 à bosser sur ce projet). J’avais débuté un scrollkit mais j’avais un problème d’affichage:

scrollkit probleme

Une production maison

Je pensais qu’on allait partir là-dessus mais Cédric a préféré partir sur un projet « 100% maison » avec une programmation qu’il avait déjà un peu utilisée dans le passé. « J’ai utilisé la lib scrollorama (http://johnpolacek.github.io/scrollorama/).  La doc est assez succincte mais elle est relativement facile d’utilisation », expliquait-il à Davanac dans Journalistes qui tâtent un peu des outils modernes.

Le projet a été découpé en différentes scènes (pas trop). Pour cela, le travail avait déjà été en partie réalisé pour la double page print (l’idée est toujours d’optimaliser le travail vu les contraintes budgétaires). Il fallait aussi choisir des habillages (inserts, placement des photos…).  J’ai fait un plan à Cédric avec les textes et photos annotées. L’intérêt est de pouvoir travailler à distance et surtout, Cédric peut intercaler ça dans son travail au quotidien (faut faire avec les moyens du bord).

Au final, ce premier long format a touché une très large audience (malheureusement expliquée par le drame). Mais nous avons eu la satisfaction professionnelle d’avoir été repris en hyperlien sur l’article de lequipe.fr qui évoquait la mort d’Eric Palante.

Sur twitter, nous avons aussi lu 2 tweets qui nous ont fait particulièrement plaisir:

equipe explore

Equipe (1)

Ce premier long format a en tout cas convaincu la rédaction en chef : quelques jours après la mise en ligne de « Palante, le dernier baroudeur…« , Cédric planchait sur un nouveau projet. Il sera plus visuel et, cerise sur le gâteau, il sera en plein écran (ce que nous n’avions pas pu faire).

On the road

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2014 sera une année un peu particulière pour moi puisque le rédacteur en chef de l’Avenir m’a proposé de coacher la petite dizaine de rédaction que compte le groupe. Nom de code « accélérateur web ». L’idée ? Venir présenter un panel d’outils faciles à mettre en place dans un travail quotidien (ou dans des délais courts) pour enrichir les articles web.

Dans un secteur en crise (où chaque denier est compté), je trouve que détacher un journaliste pour qu’il forme ses collègues, et donc qu’il ne produise plus (ou pas beaucoup), est assez encourageant. Cette volonté d’enrichir les articles web s’inscrit dans le passage au payant (en fait soft-wall ou metered wall) et j’y reviendrai dans un prochain post.

Concrètement,  je passerai une semaine dans chaque rédaction pour expliquer les outils et surtout les mettre en application. L’occasion de tenter de reproduire (et d’améliorer) des projets entrepris au sein de ma rédaction locale (et qui ont fait l’objet de posts précédents).

A côté de cela, je vais aussi intervenir dans des écoles de journalisme et je donnerai une formation dans le cadre du programme de formation lancé par l’AJP (association professionnelle des journalistes).
Fin janvier, j’interviendrai ainsi face aux étudiants en journalisme de la Haute Ecole de la Province de Liège. Et en février, je passerai à la Master Class de Damien Van Achter. A chaque fois, l’idée est d’expliquer mon travail en datajournalisme et enrichissement web.
En avril, je serai à la Maison de la presse de Liège pour la formation « Visualisation des données au niveau local : l’exemple des élections »

Voilà donc une année qui promet d’être chargée en projets variés, en rencontres… et en kilomètres (même si la Belgique est petite).

Tout est parti d’une journée à la campagne

Et si lavenir s’est lancé dans cet ambitieux projet rédactionnel, c’est grâce à Damien Van Achter (décidément partout) : en janvier 2012, dans son repère à la campagne, il avait lancé une « Master Class pour les journalistes belges sur les datas européennes« . Une matière complètement inconnue pour moi à cette époque.

Mais cette journée m’a permis de rencontrer et de discuter avec  Marie Coussin, Nicolas Kayser-Bril (à ce moment-là, je ne connaissais pas encore le fait d’arme de Nicolas avec wikileaks) et Joël Matriche. Trois personnes qui m’ont donné envie de fouiller les datas. Et surtout, trois personnes qui  sont encore aujourd’hui d’une aide précieuse et surtout une excellente source d’inspiration. Sans oublier Jean Abbiateci dont le blog est ma bible (si si).

Crédit photo : State Library and Archives of Florida

Dommages de guerre : premier bilan après 4 mois de fonctionnement

carte dommages de guerre

La série print a été lancée le vendredi 7 juin. Au même moment, j’ai commencé à alimenter la carte interactive reprise sur la page web spécialement créée pour le projet.. Premier petit bilan après 4 mois d’expérience.

Audience  web : ce n’est pas le genre de projet qui fait le buzz. Je reste cependant sur ma faim. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette faible audience : la page n’est pas mise en valeur sur la home page du site du journal, une newsletter dédicacée n’est partie qu’après 3 semaines et peut-être que le lancement (en juin) n’est pas la meilleure date, en tout cas pour ce genre de sujet. Ceci dit, dans mon esprit, ce projet doit s’inscrire dans le long terme, devenir une page de référence (pour des étudiants, associations…). Ce n’est en tout cas qu’après 5 mois qu’on sait y voir plus clair sur le planning en print : en faisant la moyenne, on table sur une année de publications.

Apport des lecteurs : voilà la satisfaction actuelle. Depuis le lancement de la série print, plusieurs personnes nous ont apporté des documents. C’est d’ailleurs souvent le vendredi (jour de publication) que la rédaction reçoit un coup de fil ou qu’une personne vient avec des photos. Rapidement, j’ai pu alimenter les pages de la série avec des documents privés. C’est un réel apport. Il s’agit souvent de quelques moments de vie, chargés d’émotions et riches en anecdotes. Je n’avais encore jamais connu un tel intérêt de la part des lecteurs. Des lecteurs qui demandent même parfois quand leurs documents seront publiés pour être sûr de ne pas rater le journal ce jour-là. Cet apport des lecteurs s’est surtout manifesté dans des « bastions » du journal papier.
Plus globalement, on sent que la série est particulièrement suivie : des lecteurs n’hésitent pas à nous faire part d’erreurs ou demandent d’où viennent les infos. En presque 10 ans de maison, je ne me souviens pas avoir connu cela (sans vouloir jeter des fleurs à Dommages de guerre).
Le plus beau des compliments vient d’un passionné de la seconde guerre mondiale sur la région. Un auteur rigoureux qui n’hésite pas à aller consulter des documents dans des bibliothèques américaines. Un jour, il sonne à la rédaction : il ne comprend pas pourquoi on ne l’a pas contacté. Je lui explique la démarche : aller chercher des doc peu connus (et donc qui n’auraient pas déjà été publiés). Il me dit comprendre et termine la conversation en me disant que grâce à  notre série, il a découvert une photo de sa ville. Sympa.

dommages de guerre print 5 mois

Quantité de travail : probablement un classique : la charge de travail est bien plus importante que prévue. Lors des premières semaines, j’ai même eu quelques sueurs froides « dans quoi est-ce que je me suis engagé? »
Nous travaillons à deux sur ce projet. Cela nous permet d’alterner les visites aux archives (il faut évidemment continuer à suivre l’actu et ses dossiers pour le journal) et l’écriture des pages (on évite ainsi une lassitude devant des faits semblables rencontrés dans plusieurs communes). A côté de la consultation des dossiers et de l’écriture, il faut aussi mettre la carte à jour sur la page web. Pas de chance, dès la deuxième semaine, je ne savais plus manipuler la page (créée par la société Esri) depuis mon ordi à la rédaction. Je n’ai que deux possibilités : soit avec le PC portable de la rédaction (confort pas top) soit avec mon ordi perso. Je n’ai d’ailleurs pas su lier tous les articles déjà publiés avec les documents trouvés aux archives et qui ont permis d’écrire cette série.

Gestion du crowdsourcing et page FB : c’est sûrement ma plus grand déception (personnelle). Le reste du boulot demandant déjà énormément de temps, je n’ai pas su pleinement profiter des appels de lecteurs. Je suis frustré (d’être peut-être passé à côté de documents) et un peu gêné (par rapport aux personnes qui ont fait la démarche de nous contacter.
Par rapport à la page facebook, mon animation est clairement défaillante. Pour les mêmes raisons. Mais j’essaie d’y remédier depuis quelques jours.

Ce qu’on pourrait faire : l’appel aux lecteurs, crowdsourcing, aurait pu être lancé plus tôt afin de travailler sur les documents au préalable. La question est de savoir si les gens auraient embrayé sans voir la série, et donc sans savoir dans quoi ils « s’embarquaient ». Avec l’expérience des différentes pages web spéciales lancées depuis lors, je suis aussi plus à l’aise avec les manipulations, ce qui m’auraient peut-être fait gagner du temps au début.
Depuis une semaine, je dispose aussi d’un visuel que je place dans le bas des articles web et qui renvoie vers la page Dommages de guerre.

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